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DIX ANS DE BONHEUR
dBD - Editos - décembre, 2007
 

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Amusant d’écrire l’introduction d’un numéro aussi particulier que celui-ci. Il y a dix ans, sous l’impulsion d’Olivier Maltret, ma folle envie d’écrire sur la bande dessinée s’est concrétisée. Savoir qu’une interview fleuve de Franquin se trouvait dans la nature sans avoir été complètement exploitée a fini par nous convaincre de tenter l’aventure. Elle allait commencer par cet immense auteur qui avait bercé notre enfance et nous en étions ravis. Depuis, le bateau a souvent tangué, mais n’est-ce-pas le propre de ce genre d’entreprise, surtout dans le domaine de la presse ? Olivier Maltret est parti diriger Canal BD magazine, nous sommes passés en kiosque en 2005 et le titre est toujours là et bien là, des années après. J’ai essayé de réfléchir sur un numéro anniversaire exceptionnel en me replongeant dans tous les souvenirs accumulés et en essayant de ne rien oublier. Dur, dur. J’ai d’abord décidé de poser les dix mêmes questions aux auteurs qui ont fait l’objet d’un dossier dans la première formule [cartonnée] ou d’un abécédaire dans l’actuelle.

 

© Photo C. Lebédinsky / [dBD]

 Malheureusement, les emplois du temps surchargés de chacun et les vacances passant par là, il n’a pas été possible de les contacter tous. Dommage ! J’ai ensuite demandé aux auteurs à qui nous avions consacré un long article ou une interview de nous envoyer un dessin inédit, comme une trace indélébile. Quel plaisir que de recevoir au fur et à mesure les dessins par courrier ou par internet. J’étais comme un gamin… J’ai également tenu à publier des extraits des interviews de toutes les personnalités que nous avons rencontrées depuis dix ans. Vous verrez, leurs propos sont encore pertinents aujourd’hui. Hé oui, notre [dBD] vieillit bien ! Enfin, cerise sur le gâteau, l’ami Walter Minus a signé une superbe couverture. Je vous laisse découvrir d’autres surprises, le tout superbement mis en page par notre graphiste Rémi Joffart. Mais cela, il nous y a habitué depuis quelques temps….

Évidemment, nous n’allions pas nous contenter de ces congratulations ou ces auto-admirations, au choix. Comment traiter au mieux l’actualité de cette période, la seule pendant laquelle les nouveautés se font plutôt rares ? Henri Filippini a proposé d’écrire un long article sur les BD cadeaux et les intégrales : je lui ai donné le feu vert. La Quête de l’Oiseau du temps revient en librairie : il est l’album du mois. Un Lucky Luke sort en dessin animé : c’est l’évènement du mois. Un superbe documentaire sur Largo Winch parait en librairie et dans une salle en France : c’est notre coup de coeur. Le chanteur déjanté Philippe Katerine sort une autobiographie : c’est notre Examen de passage. Des albums continuent de sortir : nous les avons critiqués… Ce numéro anniversaire est là, entre vos mains. J’espère que vous ressentirez autant de plaisir à le lire que nous en avons pris
à l’écrire.

Frédéric Bosser

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LA TRILOGIE NOIRE / Malet, Bonifay & Daoudi / Casterman
dBD - Full Critiques - décembre, 2007
 

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            Madame la misère… 

 

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…regardez-les passer », chantait Léo Ferré. Années vingt. Dédé le poulbot ne peut rien contre la scoumoune qui colle aux plus pauvres et même l’amour de la belle Gina ne le sauvera pas de la lame de la Veuve.

Années trente. Paulo, belle gueule mais âme molle, est poursuivi par sa propre lâcheté. Il finira étrangleur. Années quarante. Jean, anarchiste teigneux qui cherche trop à être aimé, flinguera tout ce qui bouge. Il s’offrira aux balles des poulets en gueulant « Tirez au sexe ! »…

Loin du pseudo romantisme qui imprègne tant de romans sur la truanderie, loin du côté un peu sage de Nestor Burma, Léo Malet puisa dans ses souvenirs de jeune anarchiste fauché et solitaire pour écrire trois romans noirs, durs, désespérés, montrant un monde de misère et de violence où tout le monde trahit tout le monde. Un univers où seules les femmes apportent la lumière d’une flamme pure mais qui ne brûle jamais bien longtemps. Bonifay (Zoo, Pirates) a scénarisé cette Trilogie noire mise en images par un jeune dessinateur qui rend bien l’atmosphère de ce monde de voyous sans gloire.

ImageDevant le sort fait à son oeuvre, Malet doit bien rigoler sur son nuage. Le dernier roman de la trilogie, Sueur aux tripes, est resté vingt ans dans un de ses tiroirs avant d’être enfin édité en 1969, par Éric Losfeld… Jean-Pierre Fuéri

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LE GRAND MORT / LOISEL, DJIAN & MALLIE / Vent d’ouest
dBD - Critiques - décembre, 2007
 

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            Entre deux mondes

 

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C’est parce que sa vieille Deux Chevaux est tombée en panne d’essence au coeur de la forêt bretonne que Pauline a rencontré Erwann qui vit en solitaire dans une masure où il rêve du « petit peuple ». La jeune étudiante jusqu’alors sérieuse laisse tomber la révision de sa future maîtrise de sciences-éco pour suivre l’étrange métis au coeur d’un monde parallèle au nôtre où vivent de bien curieuses créatures.

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Le Grand Mort n’est pas le nom de cette région mystérieuse, mais celui du squelette d’un vieux sage gigantesque, perdu dans cet univers où il a trouvé la mort, devenu objet de culte pour la population. Très vite, le couple découvre qu’il est victime d’une machination susceptible de créer le chaos dans leur monde. Le dessin tout en souplesse de Vincent Maillé — dessinateur du prochain volume de la Quête de l’oiseau du temps — colle avec justesse aux propos savoureux écrits à quatre mains par Régis Loisel et Jean-Blaise Djian.

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Ceux qui apprécient l’univers fantastique et tout en émotion de Loisel aimeront cette création insolite et envoûtante, résultat d’une alchimie réussie entre scénario et dessin, d’une rencontre magique entre trois créateurs qui ont su s’apprécier. À noter pour les collectionneurs, le très beau tirage de tête limité à 1500 exemplaires. Henri Filippini

 

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LE JANITOR T. 2 / Sente & Boucq / Dargaud
dBD - Critiques - décembre, 2007
 

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                        Ménage au Vatican 

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Vince, efficace garde du corps du service de protection du Vatican, devient grâce à ses talents un des douze Janitor chargés de protéger l’église contre ses membres succombant aux mauvais instincts. Sous le nom énigmatique de Trias (on devrait apprendre pourquoi plus tard), le jeune séminariste qui ignore tout de ses origines est chargé d’accompagner au sommet international de Davos les deux représentants du Vatican.

C’est pour lui l’occasion de retrouver la jolie Laura Pride, jeune journaliste du Financial Point qui enquête sur les finances de la curie. La compassion n’étant pas vraiment son truc, Vince qui partage parfois la couche de jolies femmes, n’hésite pas à avoir recours à la violence, voire au crime, deux détails que ses supérieurs préfèrent ignorer. Yves Sente, scénariste qui a déjà démontré son efficacité en matière d’histoires ambitieuses, maîtrise avec habileté ce thriller ésotérique aux personnages peut-être parfois trop caricaturaux.

ImageUn seul regret, que ces Janitor soient un peu trop proches des Gardiens du sang, imaginés par Didier Convard dans le Triangle secret. Boucq au crayon est parfait, dans un registre contemporain aux décors variés qui lui convient et qu’il avait abandonné au profit d’autres univers depuis trop longtemps. Cet album conclut un premier diptyque mouvementé qui se lit d’un seul trait. Henri Filippini

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DE CAPE ET DE CROCS T. 8 / Ayroles & Masbou / Delcourt
dBD - Full Critiques - décembre, 2007
 

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            En vers et contre tous

 

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Rien n’est perdu. Dans la marée des séries qui ne s’arrêtent pas tant que les ventes sont suffisantes, certaines ne renoncent pas. Elles ne cèdent ni au systématisme, ni à la fainéantise. Elles sont peu nombreuses, une poignée, et il faut les saluer.

De Cape et de Crocs est de celleslà. Sans clamer au génie, cet univers nourri de références littéraires et le cisellement de l’écriture détonnent. Il faut dire que, dans le domaine de la bande dessinée grand public, la monotonie et la platitude langagière règnent.

Même face à un Turf, tout aussi riche et jaillissant dès qu’il s’agit de composer des mondes, Alain Ayroles surnage d’une bonne hauteur par le savant mélange d’intelligence et d’espièglerie qui habite chacun de ses dialogues. Quant à Jean-Luc Masbou, dessinateur, il apporte une bonne couche de second degré et de roublardise dans ce que l’on peut identifier comme un magma d’emprunts à la peinture classique.

ImageLa précision de ses cases, par exemple, n’a presque rien à envier à certains maîtres de la peinture flamande lorsqu’il s’agit de croquer une mer déchaînée dégorgeant d’écume. À part un léger coup de mou (autour du volume 5), c’est au meilleur de leur forme que les héros continuent leur pèlerinage. Dans ce volume, ils croisent le fer et l’alexandrin sur la Lune avec, enfin a-t’on envie de dire, la matrice de cet univers délirant, le sémillant Cyrano de Bergerac. Tout un poème, une pièce, un morceau de bravoure. Bravo. Guy Rollet

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FRAISE ET CHOCOLAT T.2 / Aurita / Impression nouvelles
dBD - Critiques - décembre, 2007
 

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Exhibo bobo

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Lors de sa parution en 2006, le premier tome de Fraise et Chocolat avait provoqué un de ces engouements médiatiques irrationnels mais prévisibles. Car cette autofiction au dessin brouillon avait tout pour plaire aux journalistes bobos. Son auteur : une jeune et jolie fille. Son sujet : la vie sexuelle de cette dernière racontée avec une crudité inouïe. Son côté voyeuriste : le partenaire de la demoiselle est Frédéric Boilet, figure de la BD alternative. Ajoutez une opportune préface de Sfar et vous obtenez le « phénomène BD de l’année ». La presse avait même salué la naissance d’un « Reiser au féminin ». Délirant pour un livre certes trash mais dont le propos sur l’amour ne vole pas plus haut que la collection Arlequin.

Image Dans ce second volume, on retrouve donc le couple vedette qui, après les joies de la sodomie et des godemichés, passe à la vitesse supérieure en s’essayant, entre deux crises de jalousie, au fistfucking.Si on ne peut nier à l’auteur de la candeur et même une certaine fantaisie, on reste perplexe face à tant d’exhibitionnisme et à une libido compulsive dont le récit finit par tourner au catalogue des perversions ou des raffinements sexuels. Virginie François

 

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Largo
dBD - Home - décembre, 2007
 

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            Il était une fois, Largo… 

 

Suivre pendant dix-huit mois les auteurs de Largo Winch tout au long de leur processus de création : c’est le pari ambitieux tenu par le réalisateur Yves Legrain Crist et son producteur Laurent Segal. De novembre 2005 à avril 2007, de Bruxelles à Hong Kong en passant par Saint-Tropez, ils ont accompagné Philippe Francq et Jean Van Hamme, auscultant toutes les étapes de la réalisation des Trois Yeux des Gardiens du Tao. Résultat, un film passionnant qui permet de mieux comprendre l’art difficile et complexe de la bande dessinée. Entretien exclusif.

Largo Winch T.15, l’édition collector accompagnée du DVD

 


Comment est née cette idée de DVD ?

Yves Legrain Crist :
J’ai rencontré Philippe Francq sur le tournage du téléfilm Largo Winch où j’étais figurant. De fil en aiguille, nous avons parlé de nos métiers respectifs. Puis nous nous sommes revus régulièrement et j’ai compris la complexité d’une bande dessinée. J’ai eu alors envie d’en filmer le cheminement. J’ai proposé à Philippe de le faire avec lui. Après m’avoir répondu non (il ne voulait pas se mettre en avant), il a fini par accepter. Six mois plus tard, je lui ai soumis mon projet. Il l’a aimé et m’a présenté à Jean Van Hamme. Ce dernier en sortant du rendez-vous, me dit : « Monsieur, vous avez 100% des droits de Largo Winch »

Laurent Segal :
Il nous a écrit une très belle lettre où est inscrit : « Un scénario de documentaire étant par essence un voeu pieux. » Il a vu que nous voulions raconter une histoire.

 

Connaissiez-vous bien leur travail ?

Yves Legrain Crist :
De Jean Van Hamme, j’avais lu Thorgal, XIII, SOS Bonheur ! Mais rien de Philippe Francq ! J’ai apprécié l’auteur avant de découvrir son oeuvre. Ensuite j’ai avalé d’une traite tous les Largo Winch. Ils sont de vraies leçons de cinéma. J’ai compris combien le travail de Philippe était complexe. Je me sentais petit garçon face à un grand homme. Mais Philippe est si naturel que nos rapports sont vite redevenus amicaux.

Laurent Segal :
Si nous étions venus comme journalistes, ils n’auraient jamais accepté. Mais le script mettait l’accent sur la création et je
pense que c’est cela qui les a convaincus.

Yves Legrain Crist :
Nous savions que Largo était une industrie, mais nous étions captivés par le côté artisanal, la passion qu’on sentait autour de cette série.

Laurent Segal :
Ce qui explique le temps nécessaire à la réalisation de ce DVD. Pour rentrer dans l’intimité d’une création, il faut qu’une confiance s’installe entre les parties. En cas de non-entente le projet pouvait s’arrêter très vite.

Yves Legrain Crist :
Tout est venu très naturellement. Philippe s’est vite prêté au jeu, intervenant souvent, sans que nous ayons à lui poser des questions.

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Loisel,
dBD - Home - décembre, 2007
 

               ...tape du poing sur la table (à dessin)

 

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S’il se contente de crayonner les planches du Magasin Général qu’encre son complice Tripp, Loisel a suivi de très près le travail de Mohamed Aouamri sur Le Grimoire des dieux, deuxième tome d’Avant la quête. Et même de très, très près...

 

Vous êtes de plus en plus scénariste et de moins en moins dessinateur…

C’est le hasard qui veut cela. J’ai répondu à la demande de dessinateurs, Tripp pour le Magasin Général [Casterman], Mallié pour Le Grand Mort [Vents d’Ouest]. Quant à La Quête [Dargaud], avec Serge Le Tendre nous avons décidé d’en devenir co-scénaristes et de faire appel à un dessinateur extérieur pour mettre en images le deuxième cycle, Avant la Quête. Mais, si j’assume cette triple casquette de scénariste, je n’arrête pas ma carrière de dessinateur…

 

Vous étiez déjà très impliqué dans l’écriture des quatre albums de la Quête de L’Oiseau du temps.

Lorsque je mettais en images les textes de Serge, des idées nouvelles me venaient parfois. Du coup nous réécrivions certaines scènes. Il fallait que cela fuse ! C’est la base de notre collaboration forte sur une histoire dont les articulations sont complexes.

 

Vu les délais mis par vos successeurs, peut-être aurait-t-il mieux valu que vous continuiez le dessin…

Je n’en avais plus du tout envie ! (rires.) À la fin de la première époque, j’ai décidé de réaliser Peter Pan [Vents d’Ouest]. Serge, de son côté, avait d’autres projets dont La Gloire d’Héra, avec Rossi [Casterman]. Nous avons rencontré Lidwine, et compris qu’avec lui au dessin la Quête pourrait continuer. D’autant que je désirais garder un regard sur le côté artistique de la série…

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FRITZ HABER / Vandermeulen / Delcourt
dBD - Full Critiques - décembre, 2007
 

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            Paradoxe cruel

 

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L’hagiobiographie, c’est populaire. À Hollywood, tout un pan de mythologie moderne se constitue à travers ces éloges d’hommes un peu comme vous et moi, mais pas totalement non plus, puisqu’ils restent grands au regard de l’histoire. Heureusement, Vandermeulen, le malin, reprend la formule mais pas la forme complaisante.

Lui ne cherche pas à rapprocher la ménagère des héros de notre temps. Non, lorsque Fritz Haber, l’oeuvre, prospecte un sentiment, il s’agit plus d’une distance que d’une proximité. Haber, l’homme, fut un brillant scientifique. Juif, il devrait évoluer, à son malheur, dans une Allemagne en proie à l’impérialisme et la pensée eugéniste.

Son erreur : penser se protéger par la performance. Ainsi, aux dénigrements et au mépris dont il serait victime, Haber répondrait par l’obstination et l’excellence ; de sa dévotion à la nation, premièrement, et de son génie scientifique en second. Ce Juif qui voulut être le plus patriote des Allemands finira par inventer le zyklon.

Ce gaz, dérivé de l’ammoniaque, servira, mais cela nul ne le savait encore, à l’extermination des siens dans les chambres à gaz quelques années plus tard. La vie de Fritz Haber, ainsi, est un paradoxe cruel. Et cette dimension absurde, précisément, fascine Vandermeulen. Dommage que l’auteur soit parfois maniéré, jusqu’à déborder parfois vers la faute de goût (la typographie germanisante, bien peu subtile). Sans ce léger bémol, on frôlerait le sans-faute. Guy Rollet

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LUCY, L’ESPOIR / Patrick Norbert & Tanino Liberatore / Capitol editions
dBD - Full Critiques - décembre, 2007
 

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            Lucy in tke sky with diamonds

 

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C’est un album étonnant. Et à plus d’un titre, que ce soit par son sujet ou par ses ambitions mal définies entre leçon de sciences naturelles et road-movie préhistorique à la Rahan. Il nous raconte comment la plus célèbre de nos arrières-grands-mères, un australopithèque qui batifolait dans la savane il y a quelques millions d’années, allait devenir le chaînon incontournable qui conduirait à l’être humain en se séparant de la lignée des grands singes. Lucy est en fait le prénom donné à un petit et très émouvant squelette trouvé en Afrique par des scientifiques.

À la base, on ne peut pas vraiment dire que le sujet soit grand public. L’idée du scénario original appartient à Patrick Norbert, acteur, scénariste de cinéma qui a reconstruit la vie de cette héroïne australopithèque. Lucy est enceinte et s’est perdue.

La foudre a semé la panique parmi les siens. Tout au long de son périple elle devient le témoin de la vie au quotidien de nos ancêtres. Rencontres diverses, naissance de son petit, lutte pour survivre et se nourrir. On finit par le grand amour avec Adam, chasseur d’un autre clan qui s’est fait viré par plus fort que lui. Lucy a un coeur d’artichaut et elle invente le coup de foudre à défaut de s’appeler Eve.

ImageLiberatore a fignolé sur son logiciel préféré (et on le voit) les grandes pages de cet album au format inhabituel et au ton cependant attendrissant malgré une couleur très envahissante. Les textes écrasent parfois trop les cases.

À la limite on se moque un peu des considérations historico-scientifiques même si l’album a été réalisé sous le patronage de Yves Coppens, professeur au Collège de France. Lucy a du charme et de la tendresse à revendre. Il manque cependant un petit rien. De la spontanéité dans ce tome intitulé L’Espoir. On va le garder cet espoir dans le cas où il y aurait une suite. Jean-Laurent Truc

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CIEL EN RUINE / Pinard & Dauger / Paquet
dBD - Critiques - décembre, 2007
 

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            Attention, chien dangereux

 

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 Un dragon. Un vrai. Qui fonce à près de 900 km/h, animé d’un souffle puissant capable de faire fondre le goudron. Une bête qui tue en moins de trois secondes, mais fragile en particulier avec sa patte avant qui s’enflamme facilement lors de posés un peu brusques. Ce monstre est confié à de jeunes chevaliers peu expérimentés qui ne disposent que de quelques dizaines de minutes pour l’apprivoiser avant de partir en chasse… Nous ne sommes pas en pleine héroïc fantasy, mais en 1945, dans le ciel de l’Europe.

Blessé à mort, l’aigle allemand tente de reconquérir le ciel, que Goering a perdu depuis belle lurette, avec le Messerschmitt 262, premier chasseur à réaction dont la vitesse surpasse de 150km/h ses homologues alliés. Un chasseur avant-gardiste mais affreusement dangereux avec son réacteur volage, ses matériaux pourris et ses pilotes inexpérimentés. Enfin une BD qui montre l’ennemi sous un visage un peu moins manichéen. Le dessin, pure ligne claire, évoque Jacobs et le jeune pilote héros de l’histoire ressemble à Sonny Tuckson, le copain de Buck Danny.

On découvre, fasciné, ce que fut la vie crépusculaire et fugace de ces sacrifiés à la folie hitlérienne. Et puis tout bascule. Comme si les auteurs redoutaient de voir les jeunes lecteurs s’éjecter d’un récit trop historique, trop humain, ils rajoutent à cette tranche de vie et de mort hors du commun une histoire de chien maléfique abracadabrante. Et le récit part en vrille. Rageant. Jean-Pierre Fuéri

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AVANT LA QUETE T. 2 / Le Tendre, Loisel & Aouamri / Dargaud
dBD - Full Critiques - décembre, 2007
 

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        A la poursuite du temps perdu

 

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Comment Bragon, fils de fermier, peut-il se montrer digne de l’amour de Mara, la jolie princesse sorcière ? En devenant le plus célèbre des combattants. Pour cela il descendra dans l’arène, grimpant, duel après duel, l’échelle des durs de durs. Arrivé à l’avant-dernière marche, il lui faudra convaincre le Rige, combattant ultime, de l’accepter comme élève, et ensuite, qui sait, comme challenger.

 

 

 

Mais ceci sera une autre histoire. En attendant, Bragon aidera Mara à mettre la main sur le Grimoire des Dieux, qui seul peut permettre d’empêcher le retour de Ramor le Maudit. Problème, pour s’en approcher, il faut accepter de vieillir, et vieillir vite… Neuf an qu’on attendait la suite de L’ Ami Javin, premier épisode d’Avant La Quête, série précédant la Célèbre Quête de l’Oiseau du temps.

 

Les plus optimistes rappelleront qu’ils ont patienté une décennie entre la fin de La Quête et L’ Ami Javin, et donc que les délais se resserrent… Les autres compatiront avec Serge Le Tendre qui en vient à penser, parfois, que depuis que Loisel a abandonné le dessin de la série, celle-ci est victime d’une véritable malédiction. Et pourtant, Le Grimoire des Dieux vaut le détour. Aouamri succède avec bonheur au divin mais papillonnant Lidwine. Décors sublimes et fouillés, personnages dotés d’une vraie personnalité, les destins de Bragon et Mara coulent comme un fleuve fougueux et pas tranquille du tout. Le dessinateur de Mortepierre a épuré son style, remisé – sous l’aimable pression de Loisel, omniprésent sur son travail – les facilités et enflures de l’heroïc fantasy à la Soleil.

Pour Le Tendre, « Dessiner La Quête, c’est prendre à contrecourant les archétypes de l’heroïc fantasy. Il faut que l’oeil circule, caresse le dessin sans s’arrêter sur des choses superflues. Les personnages doivent être sensibles, dessinés de l’intérieur, on doit faire comprendre leurs silences, leurs regards. » Aouamri a dû s’adapter, ce qui explique en partie le retard pris par son travail qu’il pensait, fin 2003, boucler en dix-huit mois… Les nouveaux lecteurs peuvent-ils aborder cette saga née en 1983 par Le Grimoire des Dieux ? Oui, l’album contient assez de retours en arrière pour que le néophyte puisse s’accrocher aux branches.

Mais on peut regretter que Loisel ait refusé une préface qui aurait quand même simplifié les choses. En revanche, le nouveau lecteur qui lira Avant La Quête avant La Quête connaîtra des émotions totalement différentes de celles éprouvées par ceux qui l’ont lue dans les années quatrevingt.

Image La découverte de l’avenir d’un gentil môme nommé Bulrog devrait par exemple leur causer un sacré choc… Ce jeu avec le temps et les êtres, auquel excellent Le Tendre et Loisel, co-scénaristes de cette saga magique, connaîtra son apothéose avec le troisième cycle, Après la Quête, qui verra la fin de Bragon et le retour de Pélisse. Mais avant, les auteurs auront raconté sa rencontre avec Le Rige, en deux albums, et fouillé quelques autres personnages. Souriez, le nouveau dessinateur de la série, Vincent Maillé, termine la planche 27 du prochain album… Jean-Pierre Fuéri

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Lucky Luke
dBD - Home - décembre, 2007
 

Le dessin animé qui tire plus vite que ses celluloïds...

 

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La sortie imminente d’un dessin animé de Lucky Luke d’après l’album La Caravane [Dargaud], nous a guidés sur les traces des deux principaux concepteurs du projet : Marc du Pontavice, le producteur et abonné de notre revue, et Olivier Jean-Marie son réalisateur. Confortablement installés dans des fauteuils au coeur des studios Xilam, l’entretien pouvait commencer...

 

Qui a eu cette idée folle de vouloir réaliser ce long métrage ?

Marc du Pontavice :
En 1997, je rencontre Morris, le créateur de Lucky Luke. Je lui propose de faire une série d’animation. Vont en ressortir 52 nouvelles histoires inédites qui rencontrent un très beau succès en télévision. Dans un souci de perfection, Morris vient tous les mois dans nos studios et pointe du doigt ce qui ne va pas. Le résultat final met en confiance toute la famille et les ayants droits. Puis l’envie de faire un long métrage de cinéma nous titille, et nous décidons de mobiliser l’ensemble de nos moyens pour le réaliser. Pas question de le traiter en extérieur comme cela se fait beaucoup en animation ou encore d’attendre des accords de coproductions internationales ! Nous décidons que tout se passera en interne. Nous possédons les équipes et l’expérience pour cela.

 

Et le budget…

Marc du Pontavice :
Au départ, il est estimé à 12 millions d’euros puis passe à 15… C’est deux fois le budget habituel d’une animation française. La notoriété
du personnage et la réussite de la série TV nous permet de rassembler un tel budget. Tous les acteurs (producteurs, distributeurs, ayants droits, etc.) sont très motivés. Artistiquement parlant, nous savons que nous pouvons mélanger le côté cartoon et la comédie de caractères.

Olivier Jean-Marie :
Des personnages comme Joe Dalton ou Rantanplan permettent une certaine folie graphique. Et un western est promesse d’action, d’aventure, de grand large, de grand écran…

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La boîte à Bulles
dBD - Home - décembre, 2007
 

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Au coeur d’une très vieille forêt vivent le jeune Viktor et sa grandmère. Autour d’eux, les arbres sont si hauts et si protecteurs qu’ils n’arrivent plus à voir le ciel. Par une forte nuit de tempête, le ciel et ses étoiles s’ouvrent à eux. Viktor décide alors d’attraper une étoile. Mais celle qu’il capturera ne sera pas celle qu’il croit… Tirée d’une nouvelle de Marcel Schwob, Viktor est une histoire magnifiquement adaptée par le très prometteur Tommy Redolfi. Une découverte !

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GUEULE DE BOIS T. 3 / Foerster / Le Lombard
dBD - Critiques - décembre, 2007
 

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            Hache tendre et tête de bois 

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 Woody Woodstock, connu dans sa jeunesse sous le nom de Pinocchio, se retrouve de nouveau victime de sa légendaire malchance. Non content de travailler pour des milliardaires aveugles et psychopathes, le voici débarquant tant bien que mal sur l'ancienne île de la « cité des jouets » qui lui avait laissé peu de bons souvenirs. Grand amateur de récits terrifiants quand il officiait à Fluide Glacial, Foerster s'amuse à transformer les histoires pour enfants en abominables contes d'horreurs.

 

Mais, sur cette sorte d'île du Docteur Moreau, les véritables monstres sont moins les créatures rencontrées que des représentants de l'espèce humaine jouissant à détruire tout ceux qu'ils considèrent comme différent.

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Pourfendeur de l'égoïsme et des esprits étriqués, l’auteur dresse un portrait sans concession des tenants d'un certain moralisme religieux nord-américain, et prend un malin plaisir à renvoyer tout ce joli monde dans les gouffres de l'horreur. La violence dans Gueule de bois fait couler des litres d'hémoglobine et, comme toujours, prend les formes les plus diverses et les plus monstrueuses qui soient. Les amateurs seront ravis. Christophe Steffan

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Putain, dix ans !
dBD - Home - décembre, 2007
 

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     DBD, toute une histoire... 

 Ma première exposition est consacrée au travail de Michel Gourdon pour Ici Paris [regardez bien la première image d’À Bout de souffle de Godard, vous verrez Belmondo plier un journal dont la Une montre une pinup de cet artiste]. Ironie du sort, dix ans plus tard, j’expose Aslan, son frère, au 4 rue Dante Paris 5e, nouveau siège social de la société depuis 2000.


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Soucieux de plancher sur de nouveaux débouchés, nous étudions avec intérêt la proposition d’Olivier Maltret [ex-pensionnaire du regretté fanzine Sapristi, un homme qui m’a beaucoup aidé lors des ventes aux enchères] visant à éditer une revue ambitieuse. Un dossier cartonné, distinct d’un magazine traitant l’actualité, serait consacré à l’auteur principal. Il se présenterait sous forme d’un cartonné, comme un vrai album de bande dessinée.

 

 

Avec mes associés de l’époque, Benoit Fabre et Steven Jimel, nous croyons tout de suite en ce projet et décidons de le suivre. Il faudra un peu moins d’une année pour que toutes ces envies et idées se concrétisent et que le premier numéro sorte en novembre 1998… Aujourd’hui, pour célébrer ces dix ans consacrés à la bande dessinée, nous avons conçu le numéro exceptionnel que vous tenez dans vos mains. Mais avant, je tiens à revenir dans le détail sur toutes les péripéties qui ont marqué cette décennie...

> Dessin offert à l’occasion de mon anniversaire © Zep

> 1998 : DBD #1 consacré à Franquin

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Philippe Katerine
dBD - Home - décembre, 2007
 

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 D’où vous vient l’amour du dessin ?

Philippe KATERINE : On me disait que j’avais un bon coup de crayon. (Rires.) Après le bac, je me suis inscrit aux Arts plastiques, pensant qu’on allait m’y enseigner le dessin. Je n’y ai appris que la sociologie de l’art, l’art contemporain, l’art des installations, etc. Et, pour faire plaisir à mes professeurs,
j’ai abandonné le dessin !

Quel était votre style ?

Ligne claire tendance Hergé. Je lisais Fluide Glacial et aimais beaucoup Edika. Je m’aperçois qu’il m’a beaucoup influencé en particulier dans sa manière de dessiner les pieds. Je les fais avec des gros orteils et des grands ongles, comme lui. J’aimais aussi Daniel Goossens et sa série sur les bébés. Et Franquin. Je ne suis que très récemment revenu à la lecture de BD, poussé par des copains. Je commence tout juste à en racheter…

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ANGOULEME 2008
dBD - Actus - décembre, 2007
 

N' oubliez pas !!!!!!

Le Festival d'Angoulême débutera le 24 Janvier, pour finir le 28 Janvier 2008.

Retrouvez toutes les informations ici  

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Vidéo - Soirée 10eme anniversaire
dBD - Actus - décembre, 2007
 
Retrouvez un extrait de la vidéo réalisée à l’occasion de la soirée 10eme anniversaire:

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SCOOP !
dBD - Actus - décembre, 2007
 

Le Lombard se réaffirme devant ses collections…

dont la plupart s’effacent.

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 Collections, pièges à cons ? Yves Sente, directeur éditorial du Lombard, semble en tous cas être convaincu que cette stratégie de communication vers les professionnels est arrivée au bout de son utilité. « Nous arrêtons la labellisation de la plupart de nos séries en collections. Seul le logo Lombard apparaîtra désormais sur la couverture de presque tous nos albums... » annonce-t-il au [dBD]. Explications.

 Pourquoi cette décision ?
Yves Sente : Quand je suis arrivé dans cette maison d’édition il y a bientôt dix-sept ans, Le Lombard qui venait d’être racheté par le groupe Média Participations, rimait avec ringard aux yeux de beaucoup de professionnels. La presse nous ignorait et, plus grave, les auteurs à la recherche d’un éditeur aussi ! Je n’entendais que des propos déplaisants. Et le pire était que beaucoup de productions récentes de la maison justifiaient ces critiques. Un tel héritage était difficile à assumer mais il nous fallait réagir ! Nous avons alors choisi de dévier l’attention en lançant de nouveaux projets plus modernes et en les éditant au sein de collections dont le nom passerait devant celui du Lombard auprès des professionnels. Nous avons ainsi lancé la collection de one-shots Signé et énormément communiqué dessus. Puis nous avons installé la collection Troisième Vague qui devint rapidement un succès tant éditorial que commercial. Ensuite, vinrent les collections Troisième Degré, Polyptique, Petits délires, Portail, etc. Peu à peu ces collections ont refait parler positivement du dynamisme éditorial et « réhabilité » le nom du Lombard…

Image Aujourd’hui retournement complet de stratégie…
Le déclic s’est produit lors d’une réunion avec des libraires spécialisés, début juin 2007 à Paris. Pour eux, si la collection Portail avait démarré plus doucement que prévu malgré la qualité des auteurs et des projets, c’était sans doute en partie parce que le logo de couverture laissait à penser qu’il s’agissait sans doute d’une nouvelle maison d’édition nommée Portail. Ils regrettaient que le nom du Lombard n’y figure pas en place centrale. En résumé, la collection diminuait l’impact positif de la réputation (retrouvée !) de l’éditeur. Retournement complet de l’Histoire… qui impliquait effectivement un retournement radical de stratégie de communication.


Vos principaux concurrents, eux, continuent de les multiplier…
Et alors ? À chacun son analyse. Au Lombard, de notre point de vue, la notion d’élitisme qu’était censé générer le label d’une collection n’existe plus ! Depuis quelques années, une sorte de « collectionnite aigüe » est venue se superposer au phénomène de surproduction d’albums. Conséquence de cette mode, il était devenu difficile pour un titre d’exister hors d’une collection. Pire, il nous arrivait pendant des réunions avec des représentants ou des collègues du marketing, de ne parler pendant des heures que de « l’avenir de telle ou telle collection » ! Comme si la collection devenait un but en soi au lieu de rester « l’outil » qu’elle était à l’origine. Aujourd’hui, nous sommes arrivés au bout d’une démarche… qui nous a été bien utile pour nous refaire une image mais qui ne l’est plus. Maintenant que Le Lombard a repris la place qu’il avait perdu pendant quelques années, c’est uniquement le sort de nos albums et de nos séries ainsi que leur développement qui peut et doit absorber 100% de notre énergie et de nos moyens. Un directeur éditorial n’est pas là pour « nourrir » des collections mais bien pour enrichir son catalogue, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Des regrets pour ne pas avoir fait ce « ménage » avant ?
Au contraire ! Comme je viens de l’expliquer, ce sont ces créations de collections qui, dans un premier temps, ont été nécessaires pour attirer l’attention des professionnels (auteurs, presse, libraires) sur le « nouveau Lombard ». À chaque nouveau lancement de collection, la presse nous a beaucoup soutenu en disant « regardez comme cela bouge au Lombard ». Cela nous a aidé à redorer notre image et à pouvoir montrer la diversité de notre catalogue qui offre principalement des récits grand public, « de 7 à 77 ans » comme chacun sait, mais aussi du thriller moderne, de l’humour ado-adulte ou des romans graphiques. Le label Lombard est de nouveau respecté. Notre politique éditoriale porte ses fruits. Notre nouveau plan à trois ans 2008-2010 vous le confirmera, vous verrez !

Pourtant vous relancez la collection Signé avec la réédition d’À la recherche de Peter Pan et une nouveauté, Miss Endicott [Cf. [dBD] n°17].
Ce sera la seule exception avec Troisième Vague. Ces deux collections ont tellement marqué les esprits et les ventes des libraires que ce sont ces derniers eux-mêmes qui nous ont demandé de conserver ces deux labels de qualité. Une collection de one-shots clairement identifiée se justifie totalement sur un plan commercial. Un roman graphique aura une durée de vie plus longue si le représentant et le libraire font régulièrement le point des réassorts « de la collection »… là où ils « oublieront » plus facilement un titre isolé. Quant au genre « thriller », on constate qu’il a un véritable « public tribu » que la collection aide à se diriger d’un titre vers l’autre. Dans ce cas, pourquoi ne pas conserver notre avantage dans le domaine ?

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Ecarquillettes
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                            PATCHWORK 

 

Le numéro 5 de la revue Ecarquillettes, sorti en septembre, présente 61 pages de bande dessinée et d’illustration. Comme d’habitude, le bon et le moins bon se mélangent, le classicisme côtoie l’avant-gardisme, mais l’ensemble est de très bonne facture. Nul doute que certains auteurs sont promis à une belle carrière. Frédéric Bosser


> Ecarquillettes, cinq numéros parus, ecarquillettes.free.fr. Tél. : 03 88 35 34 69.

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Les Héros de notre enfance
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        La génération CARAMBAR

 

Très bel ouvrage de grand format publié aux Éditions du Chêne, Héros de notre enfance évoquera d’émouvants souvenirs aux lecteurs qui comme l’auteur sont nés avant et après la guerre. François Rivière [critique, essayiste, biographe, scénariste de BD dont Albany avec Floc’h] porte un regard nostalgique sur une trentaine de personnages de la littérature jeunesse et de la bande dessinée. Mickey Mouse, Blake et Mortimer, Popeye, Zig et Puce, Bob Morane, Sylvain et Sylvette... mais aussi Oui-Oui, Caroline, Mowgli, le Capitaine Nemo et Alice détective sont de ce voyage qui fleure bon les années Carambar. Un texte peut-être un peu trop bref, mais toujours érudit, accompagne la très riche iconographie de ce livre d’images venues d’un passé dont il ne reste pas grand-chose aujourd’hui. Henri Filippini

> Les Héros de notre enfance, François Rivière, Éditions du Chêne, 176 pages. Dispo.

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Soeur Marie-Thérèse
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    SOEUR MARIE-THÉRÈSE fait son cinéma

 

Steven Spielberg n'a plus à se creuser la tête pour le casting de son adaptation de Tintin, Maëster s'en charge ! Il voit Léonardo Di Caprio interpréter le héros à la houppette, Brad Pitt jouant Spirou et Tom Cruise transformé en Astérix version US. À découvrir sur l'affiche du 9e festival d'Angers, dont le thème est BD & cinéma. Affiche peaufinée par l'auteur des Meurtres fatals graves qui réalise son fantasme : donner à Soeur Marie-Thérèse des Batignolles les traits burinés de Jean Gabin. Christophe Steffan

> 1er et 2 décembre.

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Une bulle en plus
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            COLLECTOR 

 

La société Une bulle en plus, spécialisée dans la communication par la BD, vient de publier un joli petit album de format à l’italienne consacré à l’entretien en entreprise. Les entretiens singuliers de Job et Coach est un ouvrage de 48 pages en couleurs dont les gags savoureux écrits par Xavier Fauche sont dessinés par Philippe Bercovici. Un travail superbe qui devrait combler tous ceux qui apprécient le trait du dessinateur des Femmes en blanc. On peut se procurer cette petite merveille (et future pièce de collection) au prix de 12 euros chez l’éditeur. Henri Filippini


> 23 rue du Dr Desfossez, 92210 Saint Cloud

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Zoo
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        ZOO, LE VENTRE DE LA PANTHÈRE

 

À l'occasion de la sortie très attendue du troisième et dernier tome de Zoo [Aire Libre, Dupuis], Frank a réalisé Le ventre de la panthère, un dessin inédit pour la collection Estampe de Champaka. (198 ex. ns, 80x60 cm). Frédéric Bosser


> Champaka Brussels, 31, avenue Gounod, B-1070 Bruxelles. Belgique. Tél. : + 32 (0)2 346 11 12

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Le Triangle Secret
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            LE TRIANGLE, deuxième 

 

 Après avoir vendu plus de dix mille exemplaires de son premier roman adapté du premier cycle du Triangle Secret, Didier Convard vient de publier un second roman inspiré par le second cycle du best-seller ésotérique. Si ce nouvel opus reprend les épisodes d’INRI [Glénat], Didier Convard a imaginé une nouvelle fin et a ajouté plusieurs chapitres qui ne figurent pas dans la bande dessinée. Les Cinq templiers de Jésus est indispensable pour tous ceux qui ont été passionné par la BD. Henri Filippini

> Le Triangle Secret II de Didier Convard, Mazarine / Glénat, 416 pages.

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Le Collectionneur de BD
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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            Les anciens à la loupe

 

Publication simultanée des deux magazines d’études sur l’histoire de la BD, incontournables pour ceux qui ne se contentent pas de lire des albums. Hop ! publie dans son numéro 115 spécial nostalgie BD un long entretien avec le dessinateur François Bel, auteur phare des journaux Ames-Vaillantes et Coeurs-Vaillants, un portrait du grand Raymond Macherot et une étude sur le célèbre Fantôme du Bengale. Le n° 111 du Collectionneur de BD, lui, dit tout sur le très controversé André Daix, père du célèbre professeur Nimbus, démarre une étude de Thierry Groensteen sur Alain Saint-Ogan, et plonge dans l’univers des Graphic Novel. Henri Filippini

> Hop !, 64 pages (56 boulevard Lintilhac, 15000 Aurillac)
> Le Collectionneur de BD, 52 pages (36 rue de Picpus, 75012 Paris).

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Quai des Bulles
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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Saint-Malo, Alain Goutal met les voiles 

 

Le bruit courait dans les allées du 27e festival Quai des Bulles : Alain Goutal, une des figures historiques du festival, passait le relais. Petite révolution, tant le nom du dessinateur de la première affiche était attaché au rendez-vous malouin, mais évolution naturelle pour ceux qui connaissent un tant soit peu l'organisation de manifestations culturelles. Un festival ne dépend pas d'un seul et unique individu, aussi charismatique soit-il, la sortie mouvementée de Jean-Marc Thévenet de l'organisation d'Angoulême est là pour le rappeler.

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Alain Goutal quitte Quai des Bulles dans des conditions parfaitement normales, mais l'équipe organisatrice reste et le festival se tourne vers de nouveaux défis avec confiance. 35 000 visiteurs, 400 auteurs présents, le festival de Saint-Malo se positionne entre l'énorme kermesse commerciale charentaise souvent décriée, et la multitude de manifestations régionales souvent sympathiques mais souffrant pour la plupart de manque de moyens. Bon nombre de professionnels vont à Angoulême parce qu'il faut y aller. On va à Saint-Malo parce qu'on s'y sent bien. De nombreux professionnels de la BD y participent. Outre Alain Goutal, co-responsable avec Fred Lecaux des expositions depuis quinze ans, Rollin,
Joub, Fournier, Miniac, Davodeau ou Pinelli sont membres de l'organisation à divers niveaux de responsabilité.

D’autres interviennent occasionnellement, ainsi Guillaume Sorel qui apporte son aide depuis deux ans à l’organisation des expositions. La présence de ces pros facilite les échanges avec les gestionnaires et donne au festival cette convivialité qui constitue sa marque. Quai des Bulles, par son approche culturelle de la bande dessinée couvrant tous les genres du média, connaît de petites remises en cause quinquennales qui le renforcent. Il lui a ainsi fallu régler les problèmes d'accueil du public en augmentant sa surface et le nombre de jours de la manifestation, ouvrir à nouveaux ses portes à un millier d'élèves pour une journée scolaire, et chercher de nouvelles animations hors dédicaces.

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Ainsi la remarquable prestation scénique de Bonifay et Frank. Autour de Zoo, qui a connu un beau succès de fréquentation. Le nouveau défi que se donnent les organisateurs porte sur l'ouverture aux autres cultures de la bande dessinée. Québec fêtant ses 400 ans l'année prochaine, la ville de Saint-Malo rendra hommage aux « cousins » à travers de multiples manifestations. S'associant à cette « Année Québec », l'édition 2008 du festival sortira des limites du sacro-saint domaine franco-belge pour s'ouvrir à la création Outre-Atlantique. Quai des Bulles est un grand livre dont les pages se tournent régulièrement, sans nostalgie et avec un oeil constamment tourné vers l'avenir. Christophe Steffan

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Lire
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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                LIRE fête GOSCINNY 

 

Ce nouvel hors-série de la revue Lire consacré à la vie et à l’oeuvre de René Goscinny parvient à nous apprendre encore des choses inconnues malgré tout ce qui est publié sur le scénariste d’Astérix. Uderzo, Sempé, Tabary et Gotlib ses vieux complices, mais aussi sa fille Anne, parlent avec émotion de l’homme Goscinny, qui lui-même répond à Bernard Pivot grâce à la reprise d’un entretien réalisé pour Lire en 1976. Un excellent travail de journalistes qui s lit avec plus d’intérêt que beaucoup d’ouvrages plus prétentieux écrits sur Goscinny. Henri Filippini

> En kiosque jusqu’en janvier, 112 pages

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Que sais-je
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            QUE NE SAIS-JE PAS ? 

 

La réédition de ce Que Sais-je ? consacré à la bande dessinée et entièrement remis à jour, a un drôle de parfum. Au lieu d’être content de revoir cette référence de nouveau mise en avant en librairie [c’est sa 5e mise à jour], nous pleurons son auteur, Annie Baron-Carvais, disparue bien trop tôt, cet été. Sa passion pour la bande dessinée l’a guidée tout au long de sa vie et ce très riche ouvrage en est la plus belle preuve. Alors par amour pour la BD et en souvenir de cette femme, plongez-vous dans sa lecture. Frédéric Bosser

> Que sais-je ? n°2212, La Bande Dessinée par Annie Baron-Carvais, PUF, 128 pages.

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Volto Mascosto
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            Non, TEX WILLER n’est pas mort

 

Ceux qui regrettent les pockets, et plus particulièrement Zagor, Tex Willer, Martin Mystère, Dylan Dog et autres héros populaires disparus de ce côté des Alpes, se consolent en pensant que leurs aventures se poursuivent toujours en Italie. Mieux, l’éditeur Sergio Bonelli vient de lancer un nouveau personnage, Volto Nascosto. Imaginé par Gianfranco Manfredi, ce héros évolue entre Rome et L'Abyssinie de 1889 à 1896. La mise en page est assurée par une solide équipe de huit dessinateurs, dont Simeoni, Freghieri, Diso, Parlov... et Rotundo qui signe aussi les couvertures. Vous pouvez commander les fascicules qui publient leurs aventures chez l’éditeur dont le site internet est superbe. Henri Filippini

> www.sergiobonellieditore.it

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INK
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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                Tout sur les FUMETTI 

 

INK, trimestriel italien à la présentation simple mais soignée, est une véritable mine pour ceux qui se passionnent pour les Fumetti, les bandes dessinées italiennes. Son éditeur Paolo Telloli propose rencontres avec les auteurs italiens, dossiers sur les journaux, échos... Le dernier numéro publié a pour thème les BD noires, le suivant sera consacré à la BD historique. Henri Filippini

> Ink, 64 pages (Via de Marchi, 31, 20052 Monza (MI) Italie).

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Des bios, des monos,
dBD - Actus - décembre, 2007
 

                                    en veux-tu, en voilà !

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Le premier à dégainer a été Pascal Ory. Responsable – entre autres – de la rubrique BD au magazine Lire, il profite de l’anniversaire des 30 ans de la disparition de René Goscinny pour écrire une biographie sur le père d’Astérix, Iznogoud, Le Petit Nicolas, Oumpah-Pah… Partant des archives privées de l’auteur, ce Goscinny, La liberté d’en rire, lève le voile sur cet homme discret, pudique et hypersensible qui a su être un grand patron de presse avec Pilote et un formidable narrateur dont les écrits ne se démodent pas ! Forcément passionnant…

 

 

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En deuxième vient Philippe Goddin, désormais spécialiste d’Hergé. Délaissant un temps ses Chronologies d’une oeuvre [Moulinsart], il s’est intéressé à l’être Hergé. Fort d’une riche documentation — lettres, rencontres, articles, etc. — il a tenté de lever un à un les zones d’ombres et les faits marquants de la vie de l’artiste. Nous apprenons enfin qui fut son grand-père (une rumeur persistante l’a longtemps présenté comme le petit-fils du roi des Belges), quelle fut sa véritable enfance, comment il vécu le succès de Tintin et la période trouble de l’après-guerre, quels furent ses sentiments lors de son divorce… Bref une bible indispensable pour comprendre l’homme mais aussi le créateur qui changea la face du 9e art et du XXe siècle…

 

 

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 En troisième position, arrive le duo José-Louis Bocquet et Eric Verhoest. Tous deux ont choisi de marcher sur les traces d’André Franquin, le créateur de Gaston et du Marsupilami. Forts eux-aussi d’une importante documentation mais surtout d’interviews personnelles inédites réalisées du vivant du maître et de témoignages de proches, ils sont revenus année après année (ce qui permet de saisir l’évolution de son trait) sur le parcours de cet auteur. Enrichi de nombreux inédits, d’images indispensables mais aussi d’originaux présentés sous leur forme brute — un must pour les amateurs d’originaux que nous sommes — ce livre est un excellent complément de tout ce qui s’est fait jusqu’à présent sur cet auteur.

 


Tous ces livres font penser que la BD est arrivée à maturité et qu’elle sait se pencher plus que jamais sur son passé avec intelligence et passion. De bon augure pour la suite quand on pense à tous ces auteurs qui se trouvent dans l’antichambre… du Panthéon des créateurs. Frédéric Bosser

> Goscinny, 1926-1977, par Pascal Ory, Perrin, 420 pages et 16 pages de hors texte, 21.50 euros, dispo.
> Hergé, Lignes de vie par Philippe Goddin, Moulinsart, 32 euros, 1007 pages, dispo.
> Franquin, Chronologies d’une oeuvre de JL Bocquet et Eric Verhoest, 192 pages, Marsu, 44 euros, dispo.

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GREG
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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        GREG, la triple vie d’un génie

 

 Il y a soixante ans, le jeune Greg publiait ses premiers dessins dans un quotidien namurois, Vers l’Avenir. Tout un symbole, car d’avenir, il en a été sans cesse question tout au long de sa formidable carrière. Il écrivit pour les plus grands (Franquin, Tibet, Cuvelier, Hermann, Vance, Dany, Derib…) mais fut aussi un auteur complet sur Rock Derby, Zig &Puce et surtout Achile Talon. Sans oublier son passage de rédacteur en chef au journal Tintin. Le Centre belge de la bande dessinée sort un petit livre qui retrace sa carrière à l’occasion de la sortie                                       de cinq timbres par les postes belges. Un must, comme toujours ! Frédéric Bosser


> Greg, la triple vie d’un génie. Existe en version avec et sans timbres (couvertures différentes).

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Maurice et Patapon
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             CHARB, du strip à l’animation

 

 Maurice et Patapon, un chat et un chien en plein débats existentiels, ce fut d’abord un strip hebdomadaire pour Charlie Hebdo. Puis c’est devenu des albums chez Hoëbecke (le 3e vient de sortir) et voilà t’y pas que cela devient un dessin animé avec la voix de Michel Muller et la musique des Têtes Raides. Frédéric Bosser
> Les premiers épisodes sont visibles sur www.mauriceetpatapon.net.

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Tous à l’Ouest
dBD - Actus - décembre, 2007
 

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                LA BIBLE DE L’OUEST !

 

Tous à l’Ouest, les dessous du film. Montrer les coulisses du dessin animé le plus ambitieux de cette fin d’année [interview du réalisateur  et du producteur dans ce même numéro], telle est l’ambition de cette petite maison d’édition, NC [Nicolas Chaudun]. C’est décomposé sur onze chapitres et c’est passionnant de bout en bout ! Tiens, cela me donne l’envie d’aller le revoir… À signaler un album chez Dargaud reprenant les images de ce nouveau film de Lucky Luke. Frédéric Bosser

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Cosey
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                      Les cîmes de COSEY 

 

Immense créateur de bande dessinée et superbe raconteur à défaut d’être le plus grand dessinateur de sa génération, Bernard Cosey est le troisième invité, après André Juillard et Laurent Vicomte, de la collection initiée par la galeriste Daniel Maghen. Ce gros pavé revient sur sa production de ses débuts jusqu’à aujourd’hui, avec nombre de dessins inédits, recherches, projets de couvertures ou tout simplement illustrations pour des publications peu connues en France. Une bonne occasion de se familiariser avec l’univers de cet auteur. Frédéric Bosser

> Cosey, Echo, éditions Daniel Maghen, 47 quai des Grands Augustins, 75006 Paris (www.danielmaghen.com)

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