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India dreams
dBD - Home - mai, 2008
 

Maryse & Jean-François Charles

Les écouter aura été une vraie bouffée d’oxygène. De ce couple nait une fraîcheur et une douceur tout à fait magiques. J’espère que toutes les réponses qu’ils nous ont faites vous feront aimer, encore plus, leur œuvre qui n’en finit pas de grandir.
Un entretien avec Frédéric Bosser, retranscrit par Violaine Joffart


india_dreams.jpgJean-François : Nous sommes allés en Inde il y a plus d’une dizaine d’années et c’est ce voyage qui nous a donné l’envie d’écrire quelque chose en rapport avec ce pays. Toutes ces émotions digérées, les choses sont devenues plus nettes et alors seulement nous avons pu décider de nous lancer dans l’aventure. Nous nous sommes aussi servis de ce qu’on nous a raconté. Nous avons ensuite travaillé pendant près de six ans sur le sujet.
 

Maryse : Temps qui nous a permis de beaucoup nous documenter. Nous avons aussi visionné de nombreux films et acheté plein de livres surtout en Angleterre et en Inde car le choix sur ce pays était moindre dans les pays francophones.Jean-François : India Dreams, c’est aussi l’histoire de trois femmes qui confrontent leurs passions amoureuses à la sensualité de l’Inde. Au delà de l’amour, le récit est aussi très riche sur le plan historique. Pour faire une bonne histoire, ne faut-il pas savoir marier les deux ?


Jean-François : Si l’Inde est un pays très sensuel, c’est aussi un pays d’une grande richesse culturelle. Nous n’avons pas voulu nous arrêter sur l’image misérable de l’Inde que l’on nous montre souvent.


Maryse : Nous avons aussi évité de parler de personnages célèbres dans ce pays comme Ghandi pour choisir de parler du Premier ministre Lal Bahadur Shastri. C’est un personnage hors du commun, à l’origine de la Révolution verte en Inde. Il est difficile de détacher un personnage -qu’il soit fictif ou réel- de son contexte, sous peine de le rendre artificiel.

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Cornillac
dBD - Home - mai, 2008
 

Clovis, roi de Gaule !

Nous avions tout tenté pour le rencontrer avant la sortie du film Astérix aux Jeux Olympiques [sortie nationale le 30 janvier] mais les multiples barrières autour de cet évènement ne nous avaient pas permis de le faire [Difficile de faire le poids face aux grands médias priorité des attachés de presse !]. Alors, nous avons décidé de nous montrer patients et d’attendre l’occasion suivante. Et comme l’acteur Clovis Cornillac est du genre boulimique, il ne nous a pas fallu patienter bien longtemps ! Car, voyez-vous, entre mars et avril, il est à l’affiche de pas moins de deux films : Le nouveau Protocole où il tient le rôle principal et Cash, où son apparition est, ma foi, des plus brèves. Néanmoins, il a gentiment accepté de revenir sur sa performance sur Astérix...

Parlons tout d’abord de votre actualité, cette brève apparition dans ce film grand public qcornillac.jpgu’est Cash [sortie le 23 avril, réalisateur Eric Besnard], avec Jean Dujardin dans le rôle principal ? 

Ce n’est pas vraiment un rôle. Dans le métier, on dit que c’est un caméo [Apparition fugace et anecdotique]. Eric Besnard est un camarade et quand il a préparé Cash, il m’a demandé de participer à l’aventure, mais nos emplois du temps n’étaient pas compatibles. Résultat, je ne fais qu’une apparition et c’est Jean Dujardin qui tient le rôle principal. On peut considérer ma participation comme un clin d’oeil
 
… En complète opposition à votre présence dans le film de Thomas Vincent Le nouveau Protocole [Sortie le 19 mars]…

Tout à fait ! Ce film, je le revendique totalement en tant qu’acteur, je l’adore. Le jour où je l’ai visionné fini, j’étais content de voir qu’il était proche des ambitions de départ du script. C’est du polar politique, un type de film français quelque peu oublié… Ce genre était très couru dans mon enfance !
 
On sent qu’avec des acteurs comme vous, mais aussi des réalisateurs comme votre ami Eric Besnard, les Frères Altmeyer [Producteurs de Cash, des Chevaliers du Ciel, Brice de Nice, etc.] ou le fils de Claude Berri, Thomas Langmann [Astérix aux jeux olympiques], c’est le grand retour du cinéma populaire.

C’est vrai que longtemps le cinéma « grand public » a eu tendance à être oublié. Certains producteurs et réalisateurs disaient qu’ils manquaient d’acteurs pour le faire. Pourtant, nous étions là ! Je pense que tout cela n’est qu’une question de cycles. Après, il est difficile de nier que, par chance, le public a cette envie de répondre présent à cette offre [Les succès de tous ces films en attestent]. Pour autant, je n’aime pas quand le cinéma est univoque. S’il n’y avait que du cinéma populaire en France, nous pourrions penser que c’est un cinéma qui manque un peu de sens. Il faut que les deux cohabitent !
 
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Hergé
dBD - Home - mai, 2008
 
Roger Faligot, les espions chinois et l’énigme du Lotus bleu  

Roger Faligot est l’un des plus grands spécialistes de l’histoire des services de renseignements internationaux. Il a notamment signé les ouvrages : Les Services Spéciaux de Sa Majesté, La Piscine, DST. Police Secrète, Le Peuple des Enfants, Histoire Secrète de la Ve République... Alors qu’il vient de publier Les Services Secrets Chinois : De Mao aux JO (Nouveau Monde éditions), [dBD] revient sur la révélation de Roger Faligot : Tchang Tchong-jen, sympathisant du Parti communiste chinois, aurait bien pu influencer politiquement son ami belge Hergé lors de la création du mythique Lotus bleu...

r.faligot.jpgUn entretien exclusif avec Brieg F. Haslé

Dans votre nouvel ouvrage consacré aux services secrets chinois, nous avons la surprise d'y découvrir le nom d'Hergé ! Qu'a donc à voir le père de Tintin dans une telle étude ?

En étudiant le rôle du dirigeant communiste Zhou Enlai, futur Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Mao, j’ai découvert que dès les années 20 et 30, il avait formé un formidable réseau d’espions et d’agents d’influence en Occident, notamment avec l’aide de la veuve du Dr Sun Yat-sen, Soong Ching-ling. L’objectif était de gagner l’opinion publique occidentale, sous prétexte de la lutte contre le Japon. Dans ce registre, le premier dossier que j’évoque dans mon livre est celui de la romancière Pearl Buck, Prix Nobel de littérature, qui, avec Soong Chingling, a influencé l’épouse du président américain, Eleanor Roosevelt. En suivant le rôle de Soong Qing-ling, je l’ai vue active en Belgique. C’est grâce à Lou Tseng-Tsiang, l’ancien Premier ministre de son mari devenu moine en Belgique, que Tchang Tchong-jen a été présenté à Hergé le 1er août 1934. Comme on le sait, celui-ci a eu une influence importante, ce que soulignent les biographes d’Hergé comme Pierre Assouline [Hergé, Plon, 1996]. Mais ils omettent un certain nombre de détails concernant la biographie du sympathique Tchang. Quand on étudie de plus près son entourage à Bruxelles, de même que sa trajectoire ultérieure après 1949, et la victoire du communisme en Chine, on découvre des perspectives nouvelles dans la lecture du Lotus bleu

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Atomium
dBD - Home - mai, 2008
 

Ô temps…suspends ta molécule !

À l’occasion des 50 ans de l’édification de l’Atomium de Bruxelles lors de l’Exposition Universelle de 1958, les éditions Champaka ont eu l’excellente idée de demander à la fine fleur des illustrateurs contemporains de réfléchir et de proposer une image sur le sujet. François Avril, Philippe Berthet, Floc’h, Götting, André Juillard, Jacques de Loustal, Joost Swarte ont été les premiers (une autre série est annoncée pour la rentrée) à répondre présent à cet appel de 58’. Nous les avons interrogés sur leur ressenti à l’égard de ce monument devenu une icône de ce pays. Entre hommage, nostalgie, émotion, allégorie, admiration, symbole, preuve du pouvoir de l’homme à défier les lois de l’attraction... les avis sont partagés. Morceaux choisis !

at_berthet.jpgPhilippe Berthet
Un soir à l’Atomium
« L’Atomium est “notre” Tour Eiffel. Avec 1515, bataille de Marignan, 1958 est une des rares dates qui m’évoque quelque chose. Cet édifice qui témoigne de l’“Atome mania” qui régnait dans le monde cette année-là, reste avant tout une sculpture résolument moderne.D’abord cercle, donc courbe, représenter une jeune femme en Vespa me semblait pertinent pour jouer sur les formes. Restait à l’inscrire dans un décor. Ces pavés
dodus et les courbes de ces flaques d’eau typiquement belges se sont rapidement imposés. Chacun est ensuite libre d’imaginer comment cette touriste germano-hollandaise, habillée à Paris et chevauchant une moto italienne est amenée à découvrir l’Atomium. C’est une allégorie de l’Europe naissante. »at_juillard.jpg



André Juillard
Paris-Bruxelles, Bruxelles-Paris
« C’est en dessinant Les sarcophages du 6e continent que j’ai découvert L’Atomium. Ce n’est pas de l’architecture fonctionnelle mais de l’architecture symbolique ; comme une preuve du pouvoir de l’homme à défier les lois de l’attraction et de sa foi en la science. La Tour Eiffel a gardé son air XIXe siècle, l’Atomium, lui, reste plus intemporel pour le moment… C’est au spectateur de se raconter sa petite histoire ou de reconstituer celle que j’ai suggérée par petites touches : la Tour Eiffel, la nuit, la femme endormie, la femme et le petit garçon devant l’Atomium figurés comme une photo… »

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Shaun Tan
dBD - Home - mai, 2008
 

Shaun Tan, le nouveau fauve

 

 

Australien de 33 ans, Shaun Tan partage son activité professionnelle entre l’écriture de récits illustrés et les collaborations avec des studios d’animation de renom, tels le célèbre Pixar (Ratatouille, Toy Story 1&2). shauntan_paquebot.jpgDans Là où vont nos pères, bande dessinée totalement muette sur laquelle il a travaillé durant plus de quatre ans, ce fils d’immigré vietnamien nous plonge dans le récit d’un exil, chargé de douceur mais aussi de mélancolie. Retour sur celui qui vient de remporter le plus prestigieux prix français du 9ème Art, soit le Fauve d’Or pour le meilleur album au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

 

Pourquoi avoir choisi de raconter une histoire muette ?

Je ne l’avais pas prévu et cela s’est développé un peu tout seul. Le concept original du livre était différent : je voyais l’histoire plus courte, avec une faible part accordée au texte, comme si l’homme écrivait à son foyer sur cet étrange pays qu’il est en train de découvrir ; ou encore à ses petits-enfants sur les raisons qui le poussèrent à partir en voyage. Mais, alors que j’entamais mes expériences sur la forme et le style, je suis tombé sur le travail de l’écrivain/illustrateur Raymond Briggs. Ses histoires parlent souvent d’hommes ordinaires confrontés à des changements de situation. J’ai été plus particulièrement impressionné par le silence de son
Bonhomme de neige (l’histoire d’un bonhomme de neige qui découvre le monde exotique du petit garçon qui l’a façonné). Cela m’a inspiré.

Propos recueillis par internet puis traduits par Stéphane Beaujean 

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UN BIEN TRISTE HASARD
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac23_ppetipas_couv.jpgAlors que les éditions du Lombard viennent de faire entrer Prudence Petitpas dans leur prestigieuse collection Millésimes, son créateur Maurice Maréchal est parti pour un monde meilleur en ce début de mois d’avril.


Né en 1922, Maréchal, professeur de Lettres à l’Université de Liège, a toujours considéré la bande dessinée comme un aimable passe-temps. Son trait rond et truculent a fait sourire les lecteurs du Journal Tintin dès 1957, parfois avec le concours de scénaristes prestigieux comme Greg et Goscinny.


De retour dans un album à l’élégant dos toilé, la grand-mère détective devrait séduire un nouveau lectorat... de 7 à 77 ans.
HF

 
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Loustal
dBD - Home - mai, 2008
 

loustal_portrait.jpg        Clair-obscur à Cherbourg

Toute l’oeuvre de Loustal en lumière à Cherbourg, cela valait bien la Une de notre revue ! Avec cette capacité de travail et cette faculté de toujours avancer... tout en gardant un style ; Loustal ne cesse de nous émerveiller !

Parlez-nous de cette grande exposition, autour de votre travail, dans le cadre de la Biennale de Cherbourg…

Christian Desbois, le commissaire de l’exposition, m’a proposé d’être l’invité de cette manifestation, tout comme Bilal, Schuiten et Juillard l’avaient été avant moi. N’ayant pas monté de grandes expositions depuis longtemps, je n’avais aucune raison de refuser. Au début, j’ai cru qu’ils voulaient organiser une rétrospective ; j’ai regardé ce que je pouvais leur fournir et j’ai contacté certains collectionneurs pour récupérer des pièces. Finalement, ce fut inutile : les conservateurs du musée se sont déplacés plusieurs fois, ici, à l’atelier pour décider quel allait être le fil rouge de l’exposition…

Et alors ?

Ils ont opté pour le clair-obscur, ce qui annulait toute la partie peinture pour se focaliser sur mes aquarelles, le papier… Ils ont aussi demandé à Franck Bordas d’imprimer, sur de très grandes estampes numériques (deux mètres sur deux), certains travaux extraits de Nord, mon portfolio édité chez Alain Beaulet. Le résultat est surprenant ! Ce sont des aquarelles, très académiques, proches de la photographie qui supportent bien l’agrandissement. Elles deviennent des oeuvres à part entière…
 

Leur choix s’est également porté sur vos photographies…

C’est vrai que cette exposition me permet de montrer tout le travail que je fais en photo. Nous avons choisi des images très graphiques et des panoramas que je n’ai jamais publiés, ni vraiment montrés [Un petit livre de photos, Argentique, est sorti récemment chez Alain Beaulet]. Là encore, Franck Bordas s’en est occupé. Détail amusant : quand j’ai connu cet imprimeur, il y a une dizaine d’années, il avait toujours les mains pleines d’encre. Maintenant, il est entouré d’ordinateurs dans une ambiance très high-tech… (Rires).

Entretien réalisé par Frédéric Bosser 

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D'ARTAGNAN ! / ADAM & MICOL / VENTS D'OUEST
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_dartagnan_couv.jpgPicaresque épopée

 

 

note5.pngPour notre plus grande joie, les auteurs des excellents Contes du 7e Souffle récidivent en créant une nouvellesérie. Avec talent, ils inventent une histoire inédite des fameux Trois Mousquetaires (qui, c’est bien connu, sont quatre et non pas trois !), entraînant les célèbres Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan dans un périple pétillant qui les mènera à déjouer un vaste complot fomenté par le sultan d’Istanbul. k22_dartagnan_01.jpgMettant à mal le plan d’invasion de la Chrétienté par les troupes ottomanes, nos quatre mousquetaires du roi défont à eux seuls l’armée ennemie avec une improbable facilité et une élégance déconcertante, tout en évitant à la capitale turque d’être victime d’un terrible attentat visant à empoisonner sa population ! Le récit, à l’image des fières montures de nos mousquetaires, bondit, trépigne, galope sans laisser de répit aux lecteurs. Picaresque et sautillant, riche de dialogues percutants et truculents, le scénario d’Éric Adam est brillamment mis en scène par Hugues Micol dont on retrouve avec plaisir le dessin fin et ciselé — parfois proche de la gravure — créateur de compositions de haute tenue et signataire de couleurs tout à la fois sombres et chatoyantes. Un régal.
Brieg F. Haslé


            

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EVA / PICAULT / GLENAT
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_eva_couv.jpgLa peur du vide

 

 

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 On ne peut qu’adorer Eva : un rien espiègle, volontiers frivole et d’une mauvaise foi confondante. Cette jeune urbaine active se révèle fort touchante dans son application à se dépêtrer de ses contradictions qui peuvent la pousser à cocooner sous la couette comme à lui faire rouler une pelle à un bel inconnu croisé dans une soirée, juste pour éviter qu’une copine ne lui grille la politesse. Si en fin de compte la jeune et jolie Evelyne (son vrai prénom, mais « Eva » fait moins tarte) se fourvoie à ce point, c’est qu’elle souffre d’un mal qui terrasse bien des citadins : la solitude. Sous le vernis de l’executive-woman sexuellement libérée sommeille une paumée en quête d’âme soeur qui, à l’approche de la trentaine, cède doucement à la panique… Drôle et enlevée, cette compilation de gags en une planche (pré-publiés dans le journal people Voici) confirme le grand talent d’Aude Picault. Douée d’un humour subtil et d’un trait aussi élégant qu’assuré, elle insuffle à ces tranches de vie -somme toute assez banales- un brin de lyrisme extrêmement rafraichissant. Et comme l’esprit et le rire n’ont pas de sexe, nul besoin d’être une fille pour se régaler de ces tracas typiquement féminins.

Olivier Mimran

 

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PILOTE
dBD - Actus - mai, 2008
 

... Le journal qui s’amuse à lancer un pavé !

 

ac23_pilote_couv.jpgPilote revient faire un petit tour en kiosques et une fois encore c’est la formule actualité (qui a conduit le journal à sa disparition) qui est à l’honneur. Les rédacteurs successifs de ces numéros spéciaux oublient que Pilote doit ses meilleures ventes (et ses plusbelles années) à la formule plus classique initiée par René Goscinny, Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo lors de la création du journal en 1959. Pas question donc de revoir dans ces pages Astérix, Barbe-Rouge, Jacques Legall, Michel Tanguy, Blueberry, ettous les autres héros qui ont fait la gloire de l’hebdomadaire... et les succès des albums en librairies. Peut-être l’an prochain, à l’occasion du cinquantième anniversaire du journal d’Astérix... On peut toujours rêver ! Ne boudons pourtant pas notre plaisir à la lecture de ce pavé de 160 pages où l’on retrouve la crème de notre BD actuelle dans de (très et trop) courtes histoires, qui planche sur le thème fort actuel de Mai 68. Ironie du sort, c’est justement au cours de ce mouvementé mois de mai 1968 que l’autorité du patron, René Goscinny, avait été remise en cause par un groupe de jeunes dessinateurs contestataires, dont certains sont présents dans ce hors série. Ceux-là, à propos desquels le même Goscinny, invité quelques années plus tard à participer avec les honneurs dus à son rang au salon d’Angoulême par le directeur de l’époque Pierre Pascal, lui avait répondu « Jamais avec les traîtres ! ». La boucle est bouclée. HF  

En kiosques, 7.90 , dispo

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JUNK T.1 / BRUNO & POTHIER / TREIZE ETRANGE
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_junk_couv.jpgLes traîtres ont la peau dure

 

 

note5.pngQuelques décennies après la débâcle et la séparation, les anciens membres d’un gang se retrouvent pour une ultime quête. k22_junk_01.jpgUn objectif royal les attend : le fameux trésor des Confédérés ! Mais quand on a plus de rides que de balles dans son barillet, la simple idée d’une chevauchée à travers le désert tient du cauchemar. On n’y pense pas, mais les gros méchants vieillissent, eux aussi ! Les aventuriers deviennent de petits papis et mamies égrotants, et il arrive que les anciennes terreurs deviennent incontinentes. Pour autant, ils ne perdent pas une miette de leur esprit d’aventure, et à l’appel de leur chef ils se présentent tous, cahin-caha. L’humour de Nicolas Pothier fait des ravages dans les poncifs du western, s’attaquant à tout ce que ce genre a de plus sacré pour construire un scénario très bien ficelé, drôle à mourir et, surtout… complètement crédible ! Pas une seule planche ne sonne faux, et on le referme avec l’agréable sentiment d’avoir lu un très bon album. Ajoutons à cela le dessin pince-sans-rire de Brüno qui atteint des sommets, et on a entre les mains un petit bijou, à lire de toute urgence !

Nina Stavisky

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PETITE NATURE T.2 / CHAUZY, BARROIS ET LINDINGRE / FLUIDE
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_ptnature_couv.jpgMême pas peur

 

 

note3.pngChouette, revoilà ce grand dégingandé de Jean-Christophe, toujours aussi k22_ptnature_01.jpggrincheux, hypocondriaque et mal dans ses santiags ! Aussi savoureux que son prédécesseur, ce second tome regroupe des histoires de Chauzy himself, d’Anne Barrois et de cet allumé de Lindingre. La série n’y perd rien en cohérence, et gagne même en consistance puisque son quadra d’anti-héros ne passe plus sa vie chez le docteur : désormais, il sort avec des filles croisées sur des sites de rencontre ou ramassées dans des bars de nuit, il en drague –virtuellement- d’autres en jouant à Second Life ; bref, le voilà sous l’emprise du démon de midi. Heureusement, cette grande perche est vite ramenée à la réalité par les deux ados dont il a la charge. La difficulté de son rôle de papa lui rappelle alors la cruauté du temps qui passe, et Jean-Christophe replonge dans ses angoisses… Mais si son personnage est tout à fait pathétique, Chauzy l’immerge dans des situations tellement tordues qu’on ne peut qu’en rire. Son immense talent de dessinateur y contribue aussi : regardez les attitudes caoutchouteuses et les « gueules » hyper-expressives de ses personnages. Décidément, ce gaillard n’est pas grand que par la taille.

Olivier Mimran
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WAR AND DREAMS T.2 / JF ET MARYSE CHARLES / CASTERMAN
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_wd_couv.jpgUne magnifique saga

 

note5.pngMême si le duo Maryse et Jean-François Charles continue de mêler les destins d’un Français, d’un Anglais, d’un Allemand et d’un Américain qui se croisent sur la Côte d’Opale des années après la fin de la seconde k22_wd_02.jpgguerremondiale, le principal fil conducteur de ce deuxième tome repose sur le fameux code Enigma. Employé parles Allemands, ce dernier fut décrypté très tôt pendant cette guerre par des agents anglais. L’histoire avec un grand « H » a retenu que ces derniers n’avaient pas révélé ou trop usé de cette découverte, de peur que les Allemands découvrent la vérité et le change… Ce qui aurait compliqué la collecte d’informations indispensables pour combattre l’ennemi au quotidien. Les Charles s’attardent également sur l’Américain Joe, un ancien cascadeur des fêtes foraines du nouveau monde, devenu pilote de bombardier B17 durant cette seconde guerre ; ou encore sur la rencontre du peintre allemand Erwin et de cette jeune fille aperçue sur la plage… dont il tombe amoureux ! Bref, les auteurs nous dressent une galerie de portraits traités tout en nuances où les bons rencontrent les méchants et où les choses pré-établies, comme les croyances, échappent aux clichés. Et c’est là toute la force de cette nouvelle saga… Ce deuxième tome confirme tout le bien du premier. La manière d’aborder cette époque, son originalité, cette façon d’assumer ce devoir de mémoire inculqué par leurs propres parents… sont des modèles du genre. Cette histoire est magnifique de bout en bout. Vivement la suite !
Frédéric Bosser

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LA GUERRE D'ALAN T.3 / GUIBERT / L'ASSOCIATION
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_alan_couv.jpgDrôle d’après-guerre



note4.pngk22_alan_01.jpgBientôt six ans que l’on attendait la suite de La guerre d’Alan. Il faut dire qu’entre temps Emmanuel Guibert a été happé par le succès du Photographe (Dupuis), trilogie parue entre 2003 et 2006 et co-signée avec le trop tôt disparu Didier Lefèvre. Cette belle aventure terminée, l’auteur revient aujourd’hui à la série qui a révélé son talent de mémorialiste. Publiés en 2000 et 2002, les deux premiers volumes rassemblaient les souvenirs militaires d’Alan Cope, un des amis d’Emmanuel Guibert. Un roman graphique aux tons sépia pour raconter la seconde guerre mondiale d’un jeune Américain mobilisé aux dernières k22_alan_02.jpgheures du conflit et envoyé en Europe. L’oeuvre offrait ainsi un regard, inédit en BD, sur la fin des hostilités, période à laquelle il ne se passait plus grand-chose sur les différents fronts. D’où le côté « périple scout » qui se dégageait parfois du récit du jeune et naïf Alan Cope. Dans ce troisième et dernier tome, Emmanuel Guibert nous fait vivre l’après-guerre d’Alan en Allemagne où il est toujours mobilisé après la victoire des Alliés, puis son retour aux Etats-Unis qui inaugure l’âge adulte et ses choix. Le scénario est toujours aussi riche, reconstituant avec beaucoup de finesse les méandres de la mémoire d’Alan Cope. L’expérience du Photographe, où il mêlait dessins et photos, a également profité à Emmanuel Guibert. Cet ultime tome de La Guerre d’Alan, intègre en effet, avec une grande maîtrise, photos mais aussi extraits de lettres et de livres qui rendent le tout extrêmement libre et vivant.
Virginie François
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CELLULE POISON T.3, LA MAIN DANS LE SAC / ASTIER / DARGAUD
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_cellule_couv.jpgDu grand art !

 


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k22_cellule_01.jpgAprès avoir fait le tapin sur les trottoirs de Paris, histoire de faire amie-amie avec des filles de l’Est envoyée de force dans nos faubourgs pour infiltrer un réseau de mafieux, Claire, jeune policière fraîchement sortie de l’école et enrôlée pour sa beauté est envoyée dans les Balkans. Elle doit remonter à la source de ces filières et faire tomber sa tête. Le plan mis en place par ses collègues réside dans l’achat de filles aux caïds locaux. Seulement voilà, si elle sait que son partenaire serbe a revu, par hasard, sa soeur (enlevée sous ses yeux six ans auparavant par des membres de l’armée de Libération du Kosovo) en train de se prostituer dans une boite de perdition, elle n’imagine pas un seul instant que ce dernier va se focaliser sur sa libération, quitte à ruiner leurs espoirs de faire tomber ce réseau entier. Son premier délit sera de « taper » dans les caisses de la Cellule… avant de partir la rejoindre et la sortir de ses griffes. Mené tambour battant par un graphisme d’une simplicité et d’une élégance rare, ce Cellule Poison, troisième du nom, augmente d’un cran en suspense et en efficacité par rapport aux deux précédents. Les propos sont toujours aussi violents et la narration est d’une efficacité redoutable. La force de cette série, c’est cette douceur apparente malgré une violence omniprésente. k22_cellule_02.jpgOn plonge, on vibre dans cette traque sans merci, on souffre pour ces filles qui ont perdu toute identité et fierté, on vomit devant cette cruauté et on exulte quand on le voit partir avec sa valise pour sauver sa soeur… Bref du grand art.
Frédéric Bosser
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R97, LES HOMMES A TERRE / CAILLEAUX & GIRAUDEAU / CASTERMAN
dBD - Critiques - mai, 2008
 

k22_r97_couv.jpg120 pages de pur talent

 

 note5.pngAprès Les Imposteurs, le dessinateur-voyageur Christian Cailleaux nous revient en compagnie d’un illustre co-auteur : Bernard Giraudeau, acteur, réalisateur mais aussi romancier et nouvelliste, membre du prestigieux corps des Écrivains de Marine. Librement nourrie de passages des ouvrages Un Marin à l’ancre et Les Hommes à terre (éditions Métailié), la trame de R97 : Les hommes à terre nous fait embarquer à bord du porte-hélicoptères Jeanne d’Arc pour un fabuleux tour du monde. Le récit alterne scènes de navigation où le lecteur partage la vie de l’équipage et ressent les trépidations des machines de ce gigantesque navire de fer, et escales à terre où l’on suit les marins dans leurs lieux de sorties. Bernard Giraudeau définit bien cet univers masculin fait de bordées, de rêveries et de passions charnelles : « Un marin n’a pas de liaison à part la mer. k22_r97_01.jpgIl jure ne jamais oublier une femme qu’il a connue dans un port, qu’il a passionnément aimée. Puis, un soir, la mer s’engouffre pour brouiller les images. Elle glisse le long de la coque et ondule jusqu’à l’infini. Elle hypnotise et le marin s’endort. Au réveil, il attend avec impatience les parfums échappés de la prochaine terre. » De Brest à Montevideo, en passant par Balboa ou Valparaiso, Cailleaux et Giraudeau tissent le quotidien riche d’embruns de ces hommes qui attendent fébrilement ces haltes à terre où ils rencontrent de belles inconnues le temps d’une nuit. Avant de reprendre la mer. Direction un autre port, et une autre femme… 
Brieg F. Haslé

 

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BLAKE ET MORTIMER T.18, LE SANCTUAIRE DU GONDWANA / SENTE & JUILLARD / DARGAUD
dBD - Critiques - mai, 2008
 
k22_bm_couv.jpgPour : " Délicieusement désuet "


 

note4.pngQuelques mois après son aventure bruxelloise [contée dans le précédent diptyque les Sarcophages du
sixième Continent], le professeur Philip Mortimer souffre toujours de maux de tête et d’une amnésie chronique qui le contraignent au repos. Lorsque la blonde Nastasia lui apporte les résultats de l’analyse pratiquée sur la roche récupérée lors de son voyage en Antarctique, notre héros se trouve confronté à un fabuleux mystère. Les signes gravés sur la pierre datent de 350 millions d’années, alors que les plus anciennes traces laissées par l’homme sur terre ne remontent qu’à 30 000 ans. k22_bm_01.jpgUne rapide enquête auprès de l’archiviste du Daily Mail lui apprend que trois mois plus tôt, un archéologue allemand revenu fou d’une expédition au Serengeti, a été découvert en possession d’une bague portant les mêmes dessins. Le hasard, si précieux aux scénaristes des années 50, permet à notre héros de renouer avec Sarah Summertown, spécialisée dans l’écriture de thrillers archéologiques, qui fut sa maîtresse, trente ans plus tôt. Damned ! Vous avez bien lu, ce coquin de Mortimer n’est pas le puceau que l’on croit, de quoi faire se retourner dans sa tombe le brave Jacobs. Accompagné par la jolie Nastasia, trop heureuse de quitter son laboratoire, et par son amour de jeunesse, Mortimer part pour l’Afrique afin de percer le mystère qui a plongé son confrère allemand dans la démence. Rassurez-vous, le capitaine Francis Blake — il est vrai peu présent dans cette aventure — y jouera pourtant un rôle capital. Mieux, bien d’autres retours surprenants, clins d’oeil aux aventures précédentes, vous attendent au fil des pages. J’entends déjà les grincheux reprocher aux auteurs un scénario trop simpliste, des ficelles parfois un peu grosses, ou encore une sympathique naïveté dans les rapports entre les divers protagonistes. C’est tout simplement qu’ils oublient que nous sommes dans les années 50, époque où les effets spéciak22_bm_02.jpgux à la Star Wars n’existaient pas, où la censure était redoutable et surtout où la bande dessinée savait encore divertir ses jeunes lecteurs sans déployer les grands moyens. Ayant eu la chance de lire Jacobs, semaine après semaine, dans les pages de l’hebdomadaire Tintin, j’ai retrouvé avec nostalgie les fameux suspenses en fin de pages, la densité des images (tant au niveau du texte que des dessins), l’exotisme d’une Afrique encore coloniale, les lieux insolites qu’appréciait Jacobs, bref tout ce qui faisait que l’on dévorait les aventures de Blake et Mortimer avant celles deTintin. Yves Sente et André Juillard signent une aventure que Jacobsaurait pu réaliser dans les pages trop sages du journal Tintin des années 50, avec les seuls moyens de l’époque, ce qu’ils n’avaient pas totalement réussi jusqu’à présent, pas plus d’ailleurs que le duo Jean Van Hamme et Ted Benoit. Ce Sanctuaire du Gondwana est un véritable OVNI dont la dramaturgie parfois excessive fera peut-être sourire les nouvelles générations, mais enchantera les plus vieux. Pour en apprécier toute la saveur il serait peut-être amusant de le lire page par page, semaine après semaine, comme au temps de la Marque jaune. Après ce retour aux sources réussi, cette boucle bouclée, il serait peut-être temps pour nos deux auteurs de céder la place à d’autres équipes de créateurs qui souhaiteraient à leur tour se frotter à Blake et Mortimer.
Henri Filippini 



Contre : " Mortimer manque de souffle "


 

k22_bm_03.jpgnote2.pngAprès les éprouvantes aventures qui avaient envoyé le célèbre duo aux confins du Pôle Sud, le professeur
Mortimer souffre de maux de tête et de légères pertes de mémoire. La mise au repos forcée lui interdisant l'accès à son laboratoire va permettre au scientifique de pousser plus avant ses recherches concernant la mystérieuse rocheramenée du Pôle. Aidé de Nastasia, Mortimer se lance sur la piste des vestiges d'une civilisation millénaire disparue. Jusqu'à présent, la reprise des aventures de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard semblait être la plus fidèle à E.P. Jacobs, dans le ton comme dans la gestion des protagonistes. Alors que Jean Van Hamme avait tendance à « sur-jouer » la carte rétro et les rebondissements peu crédibles, le scénariste de la Machination Voronov réussissait à conserver l'esprit de la série, sans tomber dans la caricature. Hélas, dans ce nouvel album, siSente marche sur les traces du prolifique auteur à succès de XIII, il en prend ses travers. L'écriture d’épisodes de séries mythiques n'est pas une tâche facile, d'autant plus quand il s'agit de respecter une unité -même douteuse-d'époque. Les pièges sont nombreux et souvent, pour d'autres héros de papier, les repreneurs débutants se fourvoient dans un amoncellement de références aux albums d'origine, hommages aussi lourds qu'inutiles. Force est de constater avec perplexité qu'il lui a fallu un bon tiers de l'album pour faire démarrer l’histoire — assez poussivement d'ailleurs — avant de devoir rapidement la conclure au moment où elle devenait intéressante. k22_bm_04.jpgSans déflorer l'intrigue, une conclusion s'impose : Yves Sente est passé à côté de son sujet. En voulant prolonger l'aventure du Sixième continent et en y intégrant un élément psychologique périphérique, les auteurs racontent deux histoires sans qu’aucune ne soit convenablement développée. L'exploration du sanctuaire de Gondwana aurait suffi à une aventure unique et, alors que Jacobs aurait truffé d'anecdotes une telle pérégrination souterraine, il ne se déroule qu'une demi-douzaine de planches entre le plongeon des héros et leur arrivée devant la solution du mystère ! Quant aux séquences précédentes, elles manquent malheureusement de dynamisme, élément qui s'avère essentiel pour faire contrepoids avec un dessin assez figé. Il est, bien entendu, impossible de condamner Juillard de respecter le style graphique du Maître qui, s'il fonctionne à merveille dans les aventures citadines, peut devenir ennuyeux dans les grands espaces naturels. Un nouveau Blake et Mortimer est toujours attendu par les aficionados, et quand la déception est au rendez-vous, elle est immédiatement suivie par l'espoir d'une suite plus prometteuse avec, cette fois, une intrigue complète.
Christophe Steffan

 

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BREAKDOWNS / ART SPIEGELMAN / CASTERMAN
dBD - Critiques - mai, 2008
 
k22_spiegel_couv.jpgL’art de Spiegelman

 

note5.pngArt Spiegelman s’est fait connaître en Europe avec Maus, première chronique en bande dessinée de la shoah, traduite et publiée par Flammarion en 1987. Casterman, déjà éditeur en 2004 de À l’ombre des tours mortes, évocation vertigineuse des attentats du 11 septembre 2001, publie aujourd’hui l’autoportrait de cet artiste incontournable de la bande dessinée américaine : Breakdowns, soit en français, brisures ou ruptures. Un titre particulièrement bien choisi tant la vie d’Art Spiegelman semble fonctionner par brusques révélations personnelles et autres chocs créatifs. Celui qu’a constitué, par exemple, la découverte de Mad, la revue culte de l’underground américain, la mort de sa mère ou quand le jeune auteur prend soudain conscience qu’il doit s’inspirer de sa vie pour créer une oeuvre véritablement personnelle. Une étape qui lui permet de se dégager de l’influence de la BD alternative des années 60 et de sa figure tutélaire : Robert Crumb. Ce faisant, Spiegelman brise « le tabou de l’artiste de BD qui parle de lui-même », donnant une direction nouvelle à la bande dessinée US et ouvrant la voie à une autre génération d’auteurs parmi lesquels Scott McCloud, Chris Ware ou, plus récemment, Craig Thompson. k22_spiegel_planche.jpgD’ailleurs Breakdowns, dont la majeure partie a déjà été publiée aux Etats-Unis à la fin des années 70, était le premier livre de Spiegelman. Pour cette réédition, l’auteur a enrichi le récit initial de deux nouveaux chapitres en début et en fin d’ouvrage. Dans le premier, il dépeint ses sensations enfantines et ses aspirations de jeune homme avec des scènes très émouvantes, comme lorsqu’il se représente tout petit en train de réaliser ses premiers dessins sous les encouragements de sa mère. La deuxième partie — qui a déjà fait l’objet d’une publication — est davantage consacrée aux années de formation. De nombreuses planches reviennent sur la conception de Maus, oeuvre historique mais aussi autobiographique puisque Spiegelman met en scène ses difficultés à raconter l’histoire de sa propre famille, déportée dans les camps de concentration pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, la troisième partie est une sorte de post-face où l’auteur explique la genèse de Breakdowns. Un ouvrage qui a encoreplus d’intérêt aujourd’hui, à l’aune de l’impressionnant parcours réalisé par celui qui est devenu un des maîtres du roman graphique. Un autoportrait passionnant et très spontané dans lequel l’auteur, qui vient de fêter ses soixante ans, mélange les époques et superpose fantasme et réalité pour mieux faire comprendre la dynamique de son art. De même, le dessin est un exubérant kaléidoscope de tous les styles, du « comics » traditionnel au noir et blanc façon Maus en passant par le graphisme alternatif à la Robert Crumb, l’auteur restituant ainsi ses propres tâtonnements graphiques tout en revisitant l’histoire de la bande dessinée américaine des trente dernières années. Indispensable. // Virginie François

 

 

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IMPRESSIONS DE GUYANE
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac23_guyane_couv.jpgClaudia Delahaye voulait absolument revoir sa grand-mère Hmong avant qu’elle ne disparaisse, de peur de ne pouvoir l’embrasser une dernière fois. Alors elle s’en est retournée en Guyane, endroit de ses origines, histoire aussi de revoir son village, de revivre le quotidien de ses habitants et de leurs coutumes. Dans son sillage, elle a emmené Gaëlle Hersent, jeune

illustratrice, qui ne connaissait rien de ce département français. Bien lui en a pris car le résultat est magnifique et cette rencontre accouche d’un livre magique. Si après sa lecture, vous n’avez pas envie de prendre l’avion, retournez au Club Med ! FB


 

Sur nos traces, par Claudia Delahaye et Gaëlle Hersent. Editions Association Les Carnets du Sud. 24 . Dispo.


 
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AH, LES PARISIENNES…
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac23_kiraz_couv.jpgDu 14 mai au 21 septembre, le Musée Carnavalet de Paris ouvre ses portes au très grand dessinateur Kiraz. Vous y retrouverez les célèbres Parisiennes qui ont fait sa renommée dans le monde entier. Nées dans le magazine Jours de France (1959-1987), elles ont ensuite fait les beaux jours de Marie-Claire, Gala et Paris-Match. Tout récemment, Kiraz est revenu sur les abribus de Paris via une campagne publicitaire pour Canderel. FB

Les Parisiennes de Kiraz au Musée Carnavalet,
23, rue de Sévigné, 75003 Paris. Tél : 01 44 59 58 58.

www.carnavalet.paris.fr

 

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DEUX BIJOUX
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac23_willem_couv.jpgDeux petits livres ont retenu notre attention le mois dernier aux éditions des Requins Marteaux. Le premier, ac23_taillefer_couv.jpgLe roman noir des élections, signé de l’infatigable caricaturiste hollandais quasi-naturalisé français, Willem, revient comme son nom l’indique sur les dernières élections présidentielles françaises. C’est un réel plaisir de revenir sur ces dessins parus dans Libération et Charlie Hebdo. Le second, plus gore, est très en phase avec la politique éditoriale de cet éditeur. Il a pour nom Rut et est dessiné par Yann Taillefer. Ce livre, sans textes, met en scène des petits personnages à la morphologie très explicitement génitale au moment de la saison des amours. C’est forcément très décapant et très surprenant ! Un album fort en testostérone… FB

- Le roman noir des élections par Willem. Éd. Les Requins Marteaux. Coll. Carrément, 7,50 . Dispo
- Rut par Yann Taillefer. Éd. Les Requins Marteaux. Coll. Carrément, 7,50 . Dispo

 
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SALUT, BLACHON !
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac23_blachon_couv.jpgLe dessinateur Roger Blachon, bien connu des lecteurs de l’Équipe Magazine où il a travaillé pendant vingt ansac23_blachon_1.jpg jusqu’en décembre 2006, s’en est allé le 2 avril dernier, vaincu par le crabe. Cet ancien professeur de dessin avait publié presque par hasard ses premiers cartoons humoristiques au début des années 60 dans le Nouvel Adam. Les lecteurs de BD ont pu rencontrersa signature dans l’Enragé, Okapi, Fluide Glacial, Circus... HF A titre personnel, la semaine fut doublement difficile car après Raymond Leblanc, c’était au tour de Roger Blanchon de nous quitter. J’avais eu la chance de le fréquenter un peu plus via une exposition de ses originaux dans la galerie que je dirige. Vivre ce dernier hommage que ses amis rugbymen et autres, lui firent au Crématorium du Père Lachaise, en cette journée d’hiver, fut un grand moment d’émotion. FB

 

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ET DE SEPT !
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac23_lucha_couv.jpgCeux qui souriaient ironiquement lorsque l’on parlait de Lucha Libre au moment de son lancement l’an dernier, commencent à prendre au sérieux ce sympathique « journal » dirigé par Jerry Frissen pour les Humanoïdes Associés. Entouré par une équipe de jeunes auteurs complètement déjantés, Frissen maintient le cap malgré le sérieux handicap d’être uniquement vendu en librairies. Frissen mais aussi Gobi, Tanquerelle et Fabien M sont au rendez-vous de cette septième livraison digne des précédentes. HF

 

Lucha Libre n°7, collectif. Editions Humanoïdes Associés, 56 pages couleur, 7,90 . Dispo

 
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EN BREF…
dBD - Actus - mai, 2008
 

Voyages immobiles

Du 5 mai au 7 juin, la bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois ouvre ses portes au Laos et au Cambodge. Voici l’occasion de revenir sur les traditions, les modes de vie quotidiens et les religions de ces deux pays. Dans ce cadre, une exposition et une rencontre seront logiquement consacrées à Séra, l’auteur d’Impasse et rouge [Rackham, 1995], L’eau et la Terre : Cambodge, 1975-1979 puis Lendemains de cendre : Cambodge, 1979-1993 [tous deux parus chez Delcourt] dans lesquels il exorcise son déracinement brutal du Cambodge suite à l’arrivée des Khmers rouges [qui ont tué son père].

Bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois
Exposition du 5 mai au 7 juin, rencontre le samedi 17 mai à 15 heures.
Pour tous renseignements : 02 54 42 49 22 (Organisation BD Boum)

 

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EDDY PAAPE...
dBD - Actus - mai, 2008
 

... Trois fois à l’honneur

Né en 1920, Eddy Paape est l’un des derniers témoins encore en vie de l’âge d’or de la BD belge. Ayant débuté dans un studio d’animation aux côtés de Franquin, Peyo et Morris, Eddy Paape a abordé la ac23_paape_couv.jpgbande dessinée dans les pages de Spirou où il a campé le célébrissime personnage de l’Oncle Paul, repris Jean Valhardi, créé Marc Dacier mais aussi les « dégourdis » Geai et Mowgli. Passé à Tintin au milieu des années 60, il y a signé les aventures de Luc Orient sur scénarios de Greg, dont la réédition sous forme d’intégrales vient de débuter aux éditions du Lombard. Ce même éditeur propose une passionnante monographie, fort justement sous-titrée la passion de la page d’après, écrite par Alain De Kuyssche. Souvenirs émouvants, photos et illustrations feront verser quelques larmes à tous ceux qui ont appris à lire dans les pages de Spirou et (ou) de Tintin. Les autres découvriront une époque où la BD était encore un village où il faisait bon vivre. Enfin, originaux et peintures d’Eddy Paape sont exposés jusqu’au 25 mai chez Seed Factory à Bruxelles (19, avenue des Volontaires, 1160 Bruxelles). Il est réconfortant de voir un géant de la BD honoré à la hauteur de son talent. HF

 Monographie Paape. Editions du Lombard, dispo

 

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70 ANS DE BONUS DANS SPIROU
dBD - Actus - mai, 2008
 

Tout au long de ses soixante dix années de parution le journal Spirou s’est mis en quatre pour offrir des cadeaux drôles et originaux à ses lecteurs. Des fameux mini-récits aux traditionnels calendriers les divers rédacteurs en chef ont fait preuve d’une imagination débordante. Philippe Mouvet, un garçon qui a plus fréquenté les pages de Spirou que celles plus sages de Tintin, a répertorié l’ensemble de ces bonus pour notre plus grande satisfaction. L’ouvrage est richement illustré, ce qui ne gâte rien, et devrait faire fondre de nostalgie les vieillards qui ont vécu cette longue et belle épopée, quant aux autres ils en baveront de jalousie. HF

 

Editions de l’Age d’Or. Dispo

 
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MAI 68… AU SOLEIL
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac23_mai68_couv.jpgac23_mai68_1.jpgÀ défaut d’avoir connu Mai 68 les jeunes auteurs de l’écurie Soleil, renforcée par la présence de quelques invités, pour beaucoup pas encore nés à l’époque, nous proposent un pavé de bande dessinée. Sous la direction de Jean Wacquet, né le 13 mai 1968, une vingtaine de dessinateurs et scénaristes endossent les habits de l’époque, histoire de ressentir, le temps d’une courte histoire, le frisson délicieux de la révolution. Biancarelli, Carrère, Chabouté, Paty, Herenguel, Lidwine, Rossi, Springer,Vatine, Parel... jouent à se faire peur en attendant peut-être d’y aller vraiment. Bien qu’inégal, cet ouvrage d’une centaine de pages se lit avec plaisir, à condition de ne pas avoir déjà épuisé le sujet à la lecture des nombreux ouvrages collectifs consacrés à cet anniversaire. HF

Mai 68, collectif. Editions Soleil, dispo

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LOUSTAL, LE FAISEUR D’IMAGES
dBD - Actus - mai, 2008
 

L’actualité de ces deux derniers mois est triple pour Jacques de Loustal. En effet, après son exposition à Cherbourg [cf. [dBD] précédent], l’ami Jacques nous entraîne dans le grand ouest américain avec un livre jeunesse sur des textes de Taï-Marc Le Thanh. Ce livre pour enfants paru aux éditions Seuil Jeunesse est forcément dépaysant ! La troisième est ce très beau livre reprenant les oeuvres inédites réalisées pour une exposition à Milan en Italie.  Répondant à une demande de la galerie Nuages, Jacques s’est amusé à croquer une région qu’il connait bien, celle de Porquerolles où il possède une maison de famille. Un travail aux antipodes de ces élans naturels —celui de croquer en temps réel un lieu qui lui est étranger.  Encore qu’il est toujours possible de considérer pour nos amis italiens, cette presqu’île de Giens comme un lieu exotique. FB

 

- 4ème biennale du 9ème art à Cherbourg jusqu’au 21 septembre.
 

- La ballade de Pat Garrett & Billy The Kid. 
Textes de Taï-Marc Le Thanh, illustrations de Jacques de Loustal, Seuil Jeunesse. 18 . Dispo.
 

- Loustal-Porquerolles, Nuages. 25 . Dispo. Diffusion Le comptoir des indépendants.

 
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à vos TIRELIRES !
dBD - Actus - mai, 2008
 
Dès le 11 mars, nous ne pouvons que vous encourager à acquérir le Diptyque Collector Boule et Bill (1 000 ex., numérotés et signés de Luce ROBA et du dessinateur Laurent VERRON qui poursuit l'œuvre de Jean ROBA) créé, en hommage à Roba, pour Enfants et Santé. Cette association, qui lutte contre les cancers et les leucémies chez l'enfant et l'adolescent recevra, pour chaque diptyque vendu, 10 euros versés par le président de BD AOC, Alain Germaine, [organisateur du festival de BD de Vaison-la-Romaine et membre actif de l'association] à l’initiative de ce beau projet. Prix de vente 25 euros. VJ 


>
http://www.enfants-sante.com/pages/frames/frame_aidez-les.html

Ou : BDAOC - 10 impasse Jean Vilar - 84110 Vaison-La-Romaine

 
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LEPAGE à l’honneur
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac22_lepage_couv.jpgac22_lepage_01.jpgMême s’il s’en trouvait encore surpris lors de l’interview qu’il nous a accordée [Voir [dBD] #21], Emmanuel Lepage mérite bien une monographie chez le désormais spécialiste du genre, Mosquito. Interrogé par Serge Buch, autre spécialiste maison mais des interviews cette fois-ci, Lepage revient sur l’ensemble de sa carrière : de ses premières planches de bande dessinée signées à treize ans à sa formidable série La Terre sans mal en passant par Muchacho. Un regard passionnant sur un parcours qui n’a pas fini de surprendre. FB 


 

> Lepage - une monographie. Editions Mosquito, 176 pages, dispo.

 
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INDÉTRONABLE NICOLLET
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac23_nicollet_couv.jpgac23_nicollet_1.jpgQuand est créée en 1979, la collection Fantastiques / Sciencefiction aventure, Pierre-Jean et Hélène Owald font appel au talent d’illustrateur de Jean-Michel Nicollet, histoire de donner « une forte identité à une collection hors-normes publiant des auteurs souvent inclassables » [Ce même type d’initiative avait été pris avec Jean-Claude Claeys pour la collection policière, « Le miroir obscur »]. Nicollet est alors un des auteurs-phares de la maison d’édition Les Humanoïdes Associés et un pilier du journal Métal Hurlant. Cette aventure, qui durera dix ans, marquera les esprits ! Un livre, Néo, revient sur cette formidable collaboration en éditant côté à côté et dans l’ordre, les 218 couvertures signées du maître. Sans oublier les quelques inédits de circonstance. Une merveille ! FB

Néo de Jean-Michel Nicollet. Editions Zampano. Dispo.

 
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ESPIONNAGE MODE D’EMPLOI
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_sir_ab_couv.jpgac22_sir_ab_01.jpgSir Arthur Benton, merveilleux personnage de bande dessinée inventé par Tarek et Stéphane Perger pour les éditions Emmanuel Proust, est durant un mois la pierre angulaire de l’exposition organisée au Mémorial de Caen. L’exposition des planches de cette bande dessinée et des nombreux objets, en rapport avec l’histoire des services secrets durant la guerre, permettent un travail éducatif et historique original pour les élèves et les enseignants. Signalons au passage que c’est la première fois qu’une exposition historique repose sur une BD. Une initiative que nous ne pouvons que saluer et encourager ! FB

> Exposition temporaire «Sir Arthur Benton». Du 5 mars au 11 mai 2008.
Entrée libre et gratuite. www.memorial-caen.fr

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POISSON CHAT ET… CHATTE
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_poisson-chat_couv.jpgac22_poisson-chat_01.jpgTrès branché sur la sexualité « hard » et la narration en cases, Joe G. Spinelli mélange ses deux passions pour notre plus grand bonheur. En mixant des scènes de rapports sexuels avec des textes décrivant le séquencier d’une bande dessinée, il nous invente un album totalement décalé et jouissif. Loin des traditionnels livres du genre, Poisson-chat (qui devient Poisson-Chatte dès la page de garde) est aussi, pour peu que l’on se prête au jeu, une superbe ode à l’amour et au 9e art. Surprenant ! FB

 

> Poisson-Chat : essai de vulgarisation imagée à propos de la narration séquencée de Joe G. Spinelli. Editions PLG, 44 pages N&B, 10 , dispo en mai

 
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CORTO l’initié
dBD - Actus - mai, 2008
 
Tout au long de son oeuvre, Hugo Pratt a parsemé les clés d’une philosophie occulte : francmaçonnerie, Kabbale, Soufisme, Alchimie… L’écrivain Joël Gregogna reprend, un à un, ses albums et explique chaque symbole auquel Pratt fait référence. Un travail colossal et passionnant ! Avec Les Balades de Corto l’Initié, le lecteur est guidé dans ses lectures et se voit offrir une autre approche de l’imaginaire fertile et documenté de l’artiste italien. Une deuxième lecture de cette oeuvre s’ouvre à lui ! Un must… FB 

> Les Balades de Corto l’Initié, Joël Gregogna, préface de Didier Convard. Editions Dervy-Médicis, 17 , dispo

 
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GÉNÉRATION OUBLIÉE
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_crumb_couv.jpgDans les années 80, Robert Crumb —à la demande du label Records— dessine des portraits de musiciens de blues, de jazz et de country. Ces illustrations, présentées sous forme de « trading cards », étaient incluses dans chacun des disques. Par la suite, elles furent vendues en séries complètes sur des présentoirs aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Pour la première fois, ces dessins sont réunis dans un ouvrage qui consacre un texte à chaque musicien et, cerise sur le gâteau, qui est accompagné d’un CD exclusif de 21 titres choisis par Robert Crumb, himself. Un formidable hommage rendu à ces musiciens, pionniers souvent injustement oubliés, et surtout un superbe livre d’images. Une leçon ! FB

> Robert Crumb, Héros du blues, du jazz et de la country, 240 pages, Éditions de La Martinière, 19.95 .

 

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EN BREF...
dBD - Actus - mai, 2008
 

// Info et photos pour la presse sur www.tintin.com. Cliquez sur Le Kiosque, ensuite sur Pressroom et sélectionnez Laurent de Froberville Le mot de passe est : Museum

// Le site de Cromwell et ses potes : http://www.cromwell.fr/elcoyote/

// Le Centre Belge de la Bande Dessinée propose du 7 mars au 6 avril 2008, une exposition autour du troisième tome de La Guerre d’Alan [L’Association], une histoire écrite et dessinée par Emmanuel Guibert d’après les propos de l’américain Alan Cope. Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir .

// Le château de la Forêt de la Ville de Livry-Gargan (93) accueille les 10èmes rencontres de l’illustration et de la Bande Dessinée sur le thème Résistances. Des travaux de Pef, Cécile Grenier, Ralph et Gilles Rapaport. Le samedi 17 mai 2007 à 16 h : une rencontre-débat animée par Christian Marmonnier avec Philippe Squarzoni, sur le thème Témoignage de résistance.
Entrée gratuite. Du 30 avril au 1er juin Tel : 01.43.88.71.46.


 // Mai 68, en dehors de la contestation estudiantine, a été un détonateur en termes de dessins de presse. Nombre d’auteurs tels Wolinski, Cabu, Siné, Gébé, Topor, Fred, Reiser et Cavanna, pour ne citer que les principaux, se sont révélés aux yeux du grand public. 40 ans après, l’éditeur Michel Lafon a décidé de les réunir. Ponctué de textes écrits par des dessinateurs ou des personnes engagées comme Daniel Cohn-Bendit ou Le Professeur Choron, ce livre est un très réussi retour sur cette folle époque où tout semblait permis. Souvenirs éternels… FB
> Mai 68. Editions Michel Lafon. Collectif. 554 pages, 24.90 . Dispo
 

 

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LE E-BOOK, c’est maintenant !
dBD - Actus - mai, 2008
 

À l'occasion de la parution du dernier tome de la série Mégalex de Jodorowsky et Beltran, Les Humanoïdes associés offrent en téléchargement gratuit : le premier volume, à regarder sur un Pocket PC, un ipod ou un téléphone portable. Chaque case de l'album est mise en vidéo et l'ambiance, comme les dialogues, sont sonorisés. Les Humanoïdes associés ont également lancé le 20 février dernier, des VidéoBD, à l'occasion du troisième et dernier tome de la série Mégalex. Enfin, l'éditeur propose, sur un site internet, en format mp4, le premier volume de ce cycle de science-fiction d'Alexandro Jodorowsky et Fred Beltran. Ce format permet de regarder le document avec Flash player sur un ordinateur mais aussi sur un téléphone portable, un Ipod ou un Pocket PC. Chaque case défile à la façon d'un diaporama et l'intégralité des dialogues est lue avec une ambiance sonore. Le lecteur doit juste se connecter sur le mini-site dédié (http://www.humano.com/megalex/videobd_ webiphone.php) pour télécharger gratuitement l'intégralité de Megalex T.1, découpée en trois épisodes.

 

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CRÉER SA BD…
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_manga_createur.jpg… à partir d’un logiciel


Le marché de la bande dessinée étant en pleine effervescence, il est logique que des manuels explicatifs, à destination des créateurs en herbe, soient édités. Mais, symboles des temps modernes, ce ne sont pas des livres, mais des logiciels qui leur sont proposés : l’un est dédié aux comics, l’autre aux mangas. L’élève apprenti pourra, à partir de banques de données –illustrations, planches pré-formatées, personnages et objets détourés…– réaliser ses propres planches et apprendre son futur métier. Une initiative qui devrait permettre à de nombreux talents de s’exprimer… Affaire à suivre ! FB

> Manga Créateur et Comic Book Créateur. Editions Tokyopop. Sur PC uniquement, 29.95 pièce.

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LES BONNES MANIÈRES
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_bonnes_manieres.jpgDans un monde de plus en plus fou et de moins en moins respectueux des bonnes manières (qui devraient pourtant, plus que jamais, subsistées entre les êtres civilisés), un collectif de cinq auteurs de talents –Ayroles, Baudoin, Sandrine Martin, Pastor, Puchol et Yelin– s’interrogent sur nos comportements quotidiens : au bureau, dans les transports en commun ou encore aux enterrements. Humour, second niveau, décalage… tout est réuni pour vous faire passer un bon moment et au passage, faire un petit rappel à l’ordre. Qui a dit que la BD ne peut pas être un média instructif ? FB

> Les Bonnes Manières. Collectif. Editions Sud-L’An 2. 56 pages, 19 . Dispo
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Le MARIAGE par MORDILLO
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_mordillo_01.jpgac22_mordillo_couv.jpgComme dit le dicton : Le mariage est comme une forteresse ; « Ceux qui sont dehors veulent y rentrer, ceux qui sont dedans veulent en sortir ! ». Partant de ce trait d’humour, Mordillo, l’auteur argentin qui connu son heure de gloire, chez Glénat, dans les années 80, revient sur ce trait subtil qui lie deux êtres. Mais, pour ne pas être seul dans son approche, le dessinateur a invité à sa table des penseurs célèbres comme Socrate, Peter Ustinov, Homère, Honoré de Balzac… Une agréable friandise à offrir ou à s’offrir ! FB

> Le mariage par Mordillo et collectif.
Editions Glénat, 64 pages, 11 . Sortie le 2 avril.

 

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Jusseaume ILLUSTRATEUR
dBD - Actus - mai, 2008
 
ac22_jusseaume_01.jpgLorsqu’il ne travaille pas sur Tramp [scénario Kraehn, Dargaud], Patrick Jusseaume aime se divertir en tentant d’autres expériences graphiques. ac22_jusseaume_couv.jpgAventures sur l’Aber est sa première incursion dans le livre pour enfants. Ce récit palpitant écrit par Adelson conte l’histoire d’une bande d’adolescents embarqués sur une coquille de noix, à la recherche du frisson de l’aventure. Le quatuor devra pourtant faire face à de véritables dangers pas vraiment prévus au programme initial. Les dessins, pleines pages, de Jusseaume fleurent bon l’aventure et le grand large. À noter que cet ouvrage est édité par Gibus, petite maison d'édition créée et dirigée par le dessinateur Christian Gine [Neige, Capitaine Sabre]. FB 


> Aventures sur l’Aber. Textes Adelson, illustrations Jusseaume. Ed. Gibus. 36 pages.
www.gibusimages.com

 
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COUREZ LES COLLECTORS
dBD - Actus - mai, 2008
 

Une fois encore les éditeurs ont rivalisé d’ingéniosité pour que les médias parlent de leurs ouvrages dans les meilleures conditions. Dargaud consacre une très belle plaquette au Combat ordinaire de Manu Larcenet. Douze pages de présentation du quatrième volet de la série sous une élégante couverture qui fera le bonheur des amateurs d’objets précieux. De son côté Glénat offre un calendrier drôle et pratique, signé Stan et Vince, afin de fêter la parution du premier volume des ChronoKids sur un scénario de Monsieur Zep, lui-même. Deux belles pièces qui devraient faire courir les collectionneurs fous. HF

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Une pièce pour le petit groom
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_spirou_pile.jpgac22_spirou_face.jpgLa Monnaie de Paris a l’heureuse idée de commémorer, avec éclat, les 70 printemps de Spirou en frappant une médaille digne de ce jeune septuagénaire. Disponible à partir du 2 avril, cette pièce sera tirée à 500 exemplaires en or d’une valeur de 10 et 10 000 exemplaires en argent d’une valeur de 1,50 . Pour se procurer l’une ou l’autre de ces belles pièces de collection : rendez-vous à la boutique de la Monnaie de Paris (2, rue Guénégaud, 75006 Paris) ou sur son site internet (www.monnaiedeparis.fr). Attention ! Il n’y en aura pas pour tout le monde. HF

 

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Florilège de CONTES
dBD - Actus - mai, 2008
 
Après avoir construit une grande partie de son catalogue sur l’adaptation de chansons contemporaines en bandes dessinées [Téléphone, Edith Piaf, etc.], Les éditions Petit à Petit se lancent dans la mise en images de contes français et étrangers. Côté francophone, c’est Charles Perrault [1628-1703] qui est à l’honneur et qui voit là cinq de ses principaux contes mis en images. S’ensuivent un recueil sur les contes africains et un autre sur les contes arabes, magnifiques par leur richesse littéraire et graphique. En effet, le choix de jeunes auteurs d’Olivier Petit est fort judicieux. Que de graines de futures stars du 9e art ! À quand une médaille de Chevalier des Arts et des Lettres pour cet indécrottable défricheur de talents ?! FB

> Perrault, Contes africains en bandes dessinées et Contes arabes en bandes dessinées, Collectif, 64 pages chacun. Editions Petit à Petit

 

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Cap sur CONCARNEAU !
dBD - Actus - mai, 2008
 

ac22_concarneau.jpgLe rendez-vous littéraire du monde maritime met à l'honneur les adaptations des grands récits littéraires en bande dessinée en accueillant : Hippolyte pour son adaptation du Maître de Ballantraë d’après R.L. Stevenson [Denoël Graphic] et Sandro pour Le Sang de la Sirène [Relecture en images par François Debois de la nouvelle du fameux Anatole Le Braz chez Soleil]. Le traditionnel Apéro BD de Brieg F. Haslé (collaborateur de [dBD]) permettra aux festivaliers de débattre du sujet en compagnie des auteurs. Enfin, le lancement national de R97, le premier album commun de Christian Cailleaux et Bernard Giraudeau se fera lors de cette manifestation. À l’occasion du 10e anniversaire de la disparition d’Éric Tabarly, le Festival Livre & Mer rendra hommage à ce navigateur d’exception en exposant l’ensemble des planches en couleurs directes de l’album Éric Tabarly : Un marin de légende de Franckie Alarcon et Thierry Jigourel [CPE]. Enfin, Livre & Mer défendra un nouvel auteur : Briac, dessinateur et scénariste du huis clos maritime Armen [Le Télégramme]. Ça va buller en bord de mer ! FB

Festival Livre & Mer 2008. Du 10 au 13 avril à Concarneau.
www.salondulivremaritime.fr.

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