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JOANN SFAR
dBD - Home - juin, 2008
 

Sfar, le mouvement perpétuel...

 

Après un creux de quelques mois, chose rare dans le parcours de Joann Sfar, sa carrière repart de plus belle. La célébration des dix ans de la collection Donjon est l’occasion de revenir sur ses belles années. Nous en avons profité pour évoquer l’arrivée en libraire de Croisette, un livre témoignage sur le festival vu des coulisses et l’arrivée prochaine chez Gallimard du Petit Prince d’après l’oeuvre d’Antoine de Saint-Exupéry... mais également son film d’animation d’après Le Chat du Rabbin ainsi que son film Live sur la vie de Serge Gainsbourg dont le tournage débute à la rentrée. Le bougre ! Il ne s’arrêtera donc jamais... Un entretien avec Frédéric Bosser

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DUPUY & BERBERIAN
dBD - Home - juin, 2008
 

Dis, maman, c'est quoi un Bobo ?

 

Même s’ils reviennent régulièrement dans nos pages, la sortie de Boboland, chef-d’oeuvre d’humour et d’observation du monde Bobo, nous a “obligé” à les rencontrer pour évoquer cette sortie en librairies. Forcément, il en est sorti plein d’autres choses, tout aussi passionnantes... On en redemande ! Un entretien avec Frédéric Bosser

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SPIROU / BRAVO / DUPUIS
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_spirou_couv.jpgBravo l'artiste !

note4b.pngBruxelles, été 1939. Alors que l'Allemagne nazie lorgne de plus en plus violemment sur la Pologne, une conférence de paix secrète est organisée pour trouver une échappatoire au conflit qui s'annonce. Parmi le personnel de l'hôtel qui accueille les discussions de la dernière chance, un jeune groom découvre la vie. ct23_spirou_1.jpgIl s'appelle Spirou et ne quitte jamais son costume rouge de groom. Les reprises de Spirou par… se suivent mais ne se ressemblent pas, sinon dans cette étrange habitude de vouloir faire référence aux auteurs « officiels » de la série. Excepté pour Yoann et Vehlmann qui avaient tenté une approche très personnelle, la règle semble immuable : Tarrin et Yann faisaient ouvertement référence à Franquin et le Spirou de Le Gall n'était pas tellement éloigné de l'esprit de Chaland. Emile Bravo n'y déroge pas mais remonte très loin, à l'origine même du personnage pendant la période d'avant-guerre et des aventures dessinées par Jijé après celles de Rob-Vel. Sans être tout à fait rétro, cet album n'a rien de ces polars modernes qui se déroulent dans les années 30, Bravo respecte souvent le ton des bandes dessinées de l'époque, tout en mettant en exergue leur incroyable naïveté. Sous couvert de reproduire l'ambiance de cette période de l'histoire, l'auteur livre une critique caustique des poncifs qui jalonnaient les lectures pour la jeunesse. Le héros est ainsi dénué de toute connaissance politique dans une Europe prise en tenaille entre le fascisme et le communisme soviétique, ce vide sera partiellement comblé grâce à l'assistance d'une jeune fille plus aventurière que le groom. Sur son parcours, le jeune Spirou approfondira ses liens avec Spip mais fera surtout la rencontre du fantasque Fantasio, calamiteux journaliste dénué de toute éthique et dont le seul souci est de récolter des informations frivoles et racoleuses. On pourrait presque confondre avec une certaine presse contemporaine. Bravo s'est sans aucun doute amusé pour la conception de cet album, et ce plaisir se transmet au lecteur. La dérision avec laquelle il détourne l'image du héros populaire et l'esprit pédagogique qui l'entourait à l'époque estparfois jouissive. Rappelons que très longtemps, le célèbre groom , comme son homologue journaliste en pantalon de golf, véhiculait de fortes idées bien pensantes sur la religion (catholique bien entendu), le patriotisme (belge de surcroît) et la bonne éducation. Pour l'occasion, Bravo dynamite joyeusement ces principes dans deux séquences délectables avec des enfants de rues (car à la différence de Tintin très propre sur lui, Spirou fréquentait des gamins populaires) dans le cadre de parties de football inachevées. Finalement, le héros ne maîtrise absolument rien et le seul véritable risque qui le menace est de recevoir une raclée d'un portier grincheux plus imposant que dangereux. Cette aventure n'en est donc pas vraiment une, il s'agit d'un hommage tendre et sarcastique d'une époque plus compliquée qu'elle n'aurait voulu l'admettre. 

Christophe Steffan

 

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F.S PAULY & PASCAL CROCI
dBD - Home - juin, 2008
 

À pleines Dents

 

De passage à Paris pour une tournée de dédicaces, à l’occasion de la sortie de leur livre À la recherche de Dracula, nous n’avons pu résister à l’envie d’interviewer Françoise-Sylvie Pauly et Pascal Croci. Fasciné par ce comte sanguinaire, le couple infernal de l’Aveyron nous a éclairé sur ce mythe et leur attirance... étrange. Vous avez intérêt à bien vous tenir ! Un entretien avec Frédéric Bosser

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LA COMMUNAUTÉ t1 / TANQUERELLE & BENOIT / FUTUROPOLIS
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_lacomm_couv.jpgVive la communauté !

  


note5b.png1972 : Décu par l’après mai 68, un groupe de copains âgés de 20 à 25 ans, membres d’un atelier de sérigraphie, achète une vieille minoterie et se retire monter leur communauté. Le mot d’ordre, loin du Sex Drugs and Rock’n’roll habituel, est Travail, vie entière… ct23_lacomm_1.jpgLeur souhait est surtout de mener une vie simple et de travailler ensemble pour s’autogérer. En marge de l’atelier de sérigraphie réimplanté au coeur de la minoterie et où (petite contradiction sympathique !) sont imprimées des affiches pour les grandes enseignes de la distribution, les membres apprennent à vivre dans un environnement qui leur est étranger. Ils s’initient tant bien que mal (et pour notre plus grand plaisir !) à faire du plâtre, à tuer le canard ou le cochon et à appréhender les rites et coutumes des paysans locaux, ce qui provoque parfois des situations cocasses… Plantant un décor avant, pendant et après mai 68,
La Communauté retrace la vie de ce groupe sous forme d’un entretien entre un homme et son beau-père. Très bien ficelé, cet album se lit d’une traite et c’est à regret qu’on le referme. Forts, le trait et les images fonctionnent à merveille. Remplis de symboliques —pour peu qu’on arrive à se détacher de la narration et qu’on prenne le temps de s’y arrêter— cet album fourni, sensible et drôle est indispensable en cette période de commémoration. Le narrateur clame avoir pris son pied en vivant cette expérience, ça tombe bien nous prenons le nôtre à la lecture de cet album et attendons avidement le second tome.
Violaine Joffart

 
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LA FEMME ACCIDENT t1 / LAPIERE & GRENSON / DUPUIS
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_femmeacc_couv.jpgUne femme-enfant dans un prétoire
 

note3b.pngct23_femmeacc_2.jpgRemarqué avec les aventures de Carland Cross [scénario de Michel Oleffe] et reconnu avec la série Niklos Koda [scénario de Jean Dufaux], Olivier Grenson s’aventure en collection Aire Libre en compagnie d’un spécialiste du genre : Denis Lapière. L’auteur de petits bijoux comme Le Bar du vieux Français [avec Stassen] ou de La dernière des salles obscures [avec Gillon] a concocté pour le dessinateur le récit poignant d’une jeune femme peu gâtée par la vie. Julie est accusée de meurtre : nous la retrouvons dans sa cellule carcérale à la veille de la dernière journée de son procès. Par un habile procédé de retours en arrière, Lapière et Grenson narrent le parcours de cette jeune femme issue du milieu ouvrier de Charleroi, mal-aimée de ses parents, ballottée par la vie et malmenée par des amants trop tôt rencontrés… ct23_femmeacc_1.jpgParce qu’elle a rapidement compris que sa beauté pouvait être la clef de sa réussite sociale, Julie usera de ses charmes en se complaisant dans une vie facile mais destructrice… Jusqu’au jour où tout basculera et la mènera dans cette pièce d’un tribunal qui tente de saisir une indécelable vérité. En attendant de connaître la fin de ce sensible récit —le deuxième tome est attendu pour l’an prochain—, nous découvrons avec plaisir le premier travail en couleurs directes d’Olivier Grenson qui a visiblement pris goût à dessiner les décors de sa ville natale.
Brieg F. Haslé

 

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LE GRAND JEU t2 / PECAU & FILIPOVIC / DELCOURT
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_gdjeu_couv.jpgEn route pour l’Inframonde


note4b.pngNestor Serge, jeune journaliste au quotidien France-Soir, témoin d’événements
étranges et le commander écossais Angus Mc Pherson quittent Raykjavik afin de secourir l’équipage d’un dirigeable géant disparu au Nord du Groenland. Après avoir été attaqués par un redoutable loup-garou, les deux hommes abordent la zone interdite où doit se trouver l’entrée qui conduit à l’Inframonde, ct23_gdjeu_1.jpgporte vers un univers inconnu et dangereux, déjà redouté par les vikings, puis par les Inuits. Les mystérieux phénomènes qui s’y déroulent donnent à penser que ces contrées, déjà foulées par les nazis au cours du récent conflit mondial, dissimulent des secrets dont il aurait été préférable de continuer à en ignorer l’existence. Les qualités rencontrées lors de la lecture du premier album de cette série se confirment avec cette seconde livraison tout aussi intrigante, même si l’on peut regretter la trop lente avancée de l’action. Jean-Pierre Pécau, qui sait détenir un scénario solide avec ce Grand jeu, prend plaisir à faire patienter ses lecteurs. Sans chercher à parvenir à l’excellence, Léo Pilipovic illustre avec efficacité ce récit où la grande et la petite histoire flirtent avec le fantastique. Un genre dans lequel Jean-Pierre Pécau excelle mais dont il ne faut pourtant pas abuser sans risquer de lasser le lecteur.
 

Henri Filippini

 
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ET SI... / JAFFREDO / VENTS D'OUEST
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_etsi_couv.jpgUn secret bien gardé !


note3b.png1961 : dans un village des coteaux du Lyonnais, Mounette et Jeannot vivent leurs vacances paisiblement au milieu des vignes. ct23_etsi_2.jpgDu haut de leur neuf ans, les deux amis ont déjà prévu de se marier. Quand ils ne sont pas ensemble, Jeannot va pêcher le « tutu » avec son papi Joseph tandis que Mounette aime passer du temps avec sa mamie Lucie mais, chose étrange, Joseph et Lucie sont très fâchés. À tel point qu’ils ne supportent même pas de se croiser… Souhaitant connaître le motif de leur dispute —et après la découverte, chez Lucie, d’une photo de Joseph en soldat durant de la guerre 14-18 portant la mention « À Lucie pour la vie ! » —les deux enfants mènent leur enquête auprès des intéressés et des gens du village. ct23_etsi_1.jpgIls vont alors découvrir des secrets bien enfouis. Et si… de nombreuses années plus tôt le cours de la vie en avait été autrement ? Le thème très romanesque des secrets de famille est abordé ici de manière assez classique. Même si cet album ne présente pas forcément unegrande originalité dans son approche, il a le mérite de nous emmener, au fil des pages, dans une douce recherche de vérité. Il se lit comme on regarde un bon film du dimanche soir dont on n’a pas envie de voir défiler le générique de fin. Mounette et Jeannot sont attachants, voire touchants dans leur quête et l’on se prend à attendre qu’enfin les deux petits vieux se réconcilient. Le feront-ils ? Un album gentillet qui ne fait pas de mal par les temps qui courent !
Violaine Joffart

 

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RUBRIQUE ABRACADABRA / COLLECTIF / DARGAUD
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_rabadbra_couv.jpgHommage à Môssieur Gotlib


note4b.pngct23_rabadbra_2.jpgC’est en 1968, dans les pages de l’hebdomadaire Pilote, que Marcel Gotlib abandonnait les Dingodossiers concoctés avec la complicité de René Goscinny, pour voler de ses propres ailes avec sa Rubrique à Brac. Ce fourre-tout génial allait très vite devenir le rendez-vous incontournable de toute une génération de lecteurs nourrie au lait de Mai 68. Avec la complicité de son inoubliable coccinelle, d’Isaac Newton, du professeur Burp, des policiers Bougret et Charolles, de Superdupont ou encore de ses propres confrères et amis, ct23_rabadbra_1.jpgGotlib a édifié semaine après semaine un monument indestructible à la bêtise humaine. Quarante ans plus tard, alors qu’il a depuis longtemps abandonné ses pinceaux pour une retraite bien méritée, ses chouettes copains du monde de la BD proposent de nouveaux gags (où s’approprient les anciens) souvent avec talent. Sous une couverture concoctée par Zep, Messieurs Tronchet, Binet, Larcenet, Mézières, Guarnido, Margerin, Boucq, Maester et bien d’autres planchent avec gourmandise tout au long des pages de cet hommage à la RAB et à son immortel papa. Même ceux qui, comme moi, ne sont pas bons clients des albums collectifs craqueront à la lecture de celui-ci… surtout si la Rubrique à Brac figure déjà en bonne place dans leurs bédéthèques. Les autres doivent non seulement lire le présent album, mais aussi se procurer dans les plus brefs délais toutes les autres oeuvres du maître. 

Henri Filippini

 
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CROISETTE / SFAR / DELCOURT
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_sfar_couv.jpgLe piège de Cannes


note3b.pngL’idée est alléchante. Croquer les coulisses du festival de Cannes semble un défi merveilleux, plein de paillettes, de stars en goguette et d’agapes nocturnes. Au final, on est un peu déçu par cette longue plongée en eaux vaguement pétillantes. ct23_sfar_1.jpgPas de quoi fouetter un chat ! Heureusement que le greffier Joann Sfar secoue vaguement le cocotier de temps à autre, sinon l’ennui nous submergerait totalement. D’accord, le désormais digne représentant de la bande dessinée française s’enquiquine lui aussi, ballotté d’un endroit à l’autre sans arriver à saisir la substantifique moelle de cette soixantième édition présidée par Stephen Frears. Soit, c’était à la base un travail de commande avec la contrainte de produire quotidiennement, pendant quinze jours, un dessin pour le site internet du festival. Mais franchement, son dernier carnet Maharadjah [Delcourt, 2007] était largement plus impertinent. Là, on attend en vain le moment où tout va basculer et où Joann Sfar va définitivement faire péter ses boutons de smoking qui l’engonce. Certaines séquences sont cependant éclatantes d’ambiguïté comme cette rencontre avec Maître Vergès. Le dessinateur flingue L’avocat de la terreur, le documentaire de Barbet Shroeder consacré au sulfureux défenseur des causes perdues avec un bonheur salutaire. Là, on boit du petit lait. En revanche, trop de bla-bla alourdissent ce livre qui nous laisse sur notre faim.
Frédérique Pelletier

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LETTRES D'AGATHE / FERLUT / DELCOURT
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_agathe_couv.jpgJe t’hais moi non plus !


 

 

note5b.pngAgathe est née dans une famille où sa mère ne l’aime pas et où son père a disparu avant sa naissance. Elle grandit entre son beau-père qui n’a pas le droit de l’aimer et de ses deux frères qui sont autant chéris qu’elle est délaissée. ct23_agathe_1.jpgUn peu comme un animal, elle évolue, mal habillée, mal peignée en fonction des escapades avec ses amis, des actes de représailles et des reproches de sa mère, et de son frère aîné François qui la protège comme il le peut. Agathe va apprendre à se construire, tant bien que mal, avec l’espoir de voir poindre un jour un semblant d’amour maternel… Des années plus tard, ayant besoin de régler ses comptes avec sa mère morte depuis longtemps, Agathe prend sa plume pour lui expliquer son ressenti et son incompréhension par rapport à cette enfance douloureuse. ct23_agathe_2.jpgAu fil du temps, de sa propre « reconstruction » et de ses discussions familiales, elle va découvrir les raisons de ce non-amour… Inutile de raconter davantage cet album qui se dévore littéralement de la première à la dernière page. Nathalie Ferlut nous dépeint de manière extrêmement sensible et intense cette relation destructrice entre la jeune Agathe et sa mère et amène de manière brillantissime une chute à vous couper le souffle. Cette histoire prend aux tripes et laisse peu à peu les émotions vous submerger jusqu’à faire couler quelques larmes. Fait assez rare pour être signalé ! Tout comme Nathalie Ferlut n’a pas réussi à reprendre ses crayons depuis cet album, vous aurez du mal à ouvrir une autre BD après les Lettres d’Agathe !
Violaine Joffart

 
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ALBATROS t3 / VINCENT / GLÉNAT
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_alba_couv.jpgUn auteur est né 


note5b.pngC’est en venant chercher un médicament susceptible de soulager Emerance, au cabaret l’Oiseau moqueur, qu’Ombeline la petite danseuse orpheline a découvert qu’elle était la fille bâtarde du cruel gouverneur Victor. L’homme qui règne en despote sur la ville est prêt à tout pour retrouver la jeune fille. ct23_alba_1.jpgÀ bord de l’Albatros dans l’impossibilité de pouvoir voler, la santé d’Emerance la capitaine du vaisseau empire, tandis que l’équipage parle de révolte. À trois jours des élections, la ville toujours survolée par des goélands mystérieusement devenus fous, connaît une animation inhabituelle, d’autant plus que la police recherche l’assassin d’une danseuse de l’Oiseau moqueur. En trois albums remarquables, Vincent jeune auteur jusqu’alors inconnu dans le monde de la bande dessinée, a réussi à s’imposer au rang des meilleurs. Entre Régis Loisel et Bernard Hislaire qu’il admire, il a réussi à construire son propre univers, à la fois personnel et riche. Albatros, sa première histoire aujourd’hui terminée, il risque fort de surprendre bien des lecteurs à l’occasion de la publication de ses prochaines créations.
Henri Filippini

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CLIMAX t1 / BRAHY, CORBEYRAN & BRAQUELAIRE / DARGAUD
dBD - Critiques - juin, 2008
 

ct23_climax_couv.jpgLe sixième continent

 

note4b.pngRien ne va plus pour l’agence Imago Mundi menacée de faillite à la suite d’un long procès qui met en danger l’utilisation de leur sonde. En attendant des jours meilleurs, Leia Lewis, brillante mathématicienne du groupe, est envoyée au coeur de l’Antarctique où elle doit réaliser une étude sur le réchauffement climatique. Arrivée à la base Dumont Durville, elle se rend compte que les protocoles scientifiques sont piratés par un mystérieux visiteur. Envoyée en mission solitaire au coeur du sixième continent, la jeune femme échappe à une mort horrible à la suite d’une machination qu’elle pense devoir à William, le technicien de la base. Alors que se déroulent ces événements tragiques, à Londres on apprend que Harry, amoureux de Leia, n’est pas étranger aux problèmes que rencontre l’agence Imago Mundi. Il est agréable de retrouver Eric Corbeyran, scénariste inspiré lorsqu’il s’agit de réunir les ct23_climax_1.jpgingrédients d’un récit dense aux personnages aussi variés qu’attachants. Ce récit prévu en quatre chapitres s’annonce passionnant, riche en rebondissements, solidement ancré sur des faits scientifiques réels grâce à la collaboration au scénario de l’informaticien Achille Braquelaire. Luc Brahy, malgré un rythme de deux albums annuels, maîtrise avec succès un dessin réaliste et attrayant. Petite question : pourquoi expliquer qu’il s’agit d’un spin-off de la série Imago Mundi, alors que ce climax est la suite logique de l’épisode précédent de cette remarquable série ?
Henri Filippini

 
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