Je me souviens de Michel Béra franchissant il y a 31 ans la porte des (encore) modestes éditions Glénat sises rue Ferdinand Duval, brandissant le premier numéro de son enfant, le Collectionneur de Bandes Dessinées.
Encore maigrelet, le bébé avait pourtant fière allure. Au fil des numéros, il a pris du poids, l'équipe s'est renforcée de nouveaux passionnés, Michel Deni, Claude Guillot, Jacques Bisceglia, Dominique Petitfaux, Michel Angot, Patrick Gaumer, Jean Fourié..., tous portés par une passion commune pour la bande dessinée, son histoire, ses auteurs.
114 numéros et 31 années plus tard, voici que nous arrive l'ultime édition de cette précieuse revue d'études sur le neuvième art. Les inusables Pieds Nickelés sont à la une, Croquignol, Filochard et Ribouldingue. Henri Filippini
Le 7ème festival international de Vaison la Romaine, qui s'est tenu les 20 et 21 septembre 2008, avait cette année pour thème "Voyages...". Présidé par Michel Faure, son jury y a décerné les distinctions suivantes :
- "Hadrien d'or" : les Karascoët et Hubert pour la série "Miss pas touche" (Dargaud - Poisson Pilote) - "Prix du voyageur" : Jacques Ferrandez pour l'ensemble de son oeuvre (Casterman) - "Prix du Jury des Lecteurs" : ¤ catégorie jeunesse 9-12 ans : Juanjo Guarnido pour "Sorcelleries" (Dargaud) ¤ catégorie ado 13-17 ans : Didier Cassegrain pour "Code Mac Callum" (Delcourt) ¤ catégorie adultes + 17ans : Juanjo Guarnido pour "Blacksad" (Dargaud) - "Pinceau d'or coloriste" : Isabelle Rabarot
Quelques précisions concernant le festival international de Vaison la Romaine : Parrain (à vie) : Frank Giroud // Président 2008 : Michel Faure // L'empereur Hadrien "serait" passé à Vaison la Romaine (des fouilles ont mis à jour une statue de l'empereur ainsi que de son épouse Sabine) // L"Hadrien d'or" récompense toujours une équipe : scénariste , dessinateur(trice) , coloriste (exemples passés : Rosinski-Van Hamme-Graza , Mezières-Christin-Tranlé , Julliard-Sente-de Mille ... etc) // Le Jury des lecteurs est composé de 25 lecteurs environ PAR catégorie et ils lisent à partir du mois de mars les albums des Auteurs invités et présents // Le Festival est réputé pour mettre en valeur les coloristes , les grands "oubliés" de la BD.
>>> LIRE LA CHRONIQUE... <<<
Tu ne tues personne sans contrat !
1947 : orphelin dans le secteur de Berlin occupé par les Soviétiques, le jeune Schneider travaille pour Fritz Weber, vieux menuisier qu'il vénère. Après avoir payé Hans le tueur pour le débarrasser de policiers russes encombrants, Fritz est emprisonné. Immigré aux États-Unis, Schneider demande à Hans de l'initier à son dangereux métier afin de gagner l'argent nécessaire à la libération de son vieux maître. L'élève devient rapidement un redoutable tueur à gage sous le nom de La Mangouste. C'est son destin implacable que raconte l'assassin du président Sheridan à la belle Kim Rowland. Certes, Jean Van Hamme avait dit qu'il abandonnait XIII, mais il avait aussi précisé qu'un successeur serait le bienvenu. Van Hamme est un grand bavard qui aime trop se mettre en scène pour quitter discrètement ce grand théâtre qu'est le monde de la BD. L'idée de conter l'origine des différents protagonistes de la série et d'en confier l'écriture à d'autres auteurs lui permet de tenir parole tout en continuant à exister. Cette première livraison signée Xavier Dorison tient toutes ses promesses et remet du jus à une série qui commençait à en manquer. La confession de la Mangouste est bien conduite, et même si XIII en est absent, son ombre plane sur l'ensemble du récit. Conservant son trait, Ralph Meyer ne fait pas du Vance et c'est tant mieux. Si ses femmes sont moins sexy que celles du créateur, son trait plus souple, ses personnages moins raides, compensent avantageusement ce petit détail. Aux génériques des prochains opus on nous annonce Corbeyran, Berthet, Alcante, Boucq, Yann, Henninot... Avec un tel programme je dis banco ! ...à condition de ne pas trop en accélérer le rythme de parution. Henri Filippini
Là où a grandi La Mangouste...
Souvenez-vous, c'était le treizième album de la série, The XIII mystery, l'enquête, un numéro exceptionnel évidemment, qui se présentait sous forme d'un dossier concocté par deux journalistes Ron Finkelstein et Warren Glass, tous deux assassinés. L'occasion était trop belle alors, 15 ans après l'apparition de l'amnésique au coeur d'artichaut, de ne pas dresser un premier bilan. Pas moins de 128 biographies des personnages clefs de l'intrigue avaient été établies. Jean Van Hamme, qui a décidé l'an dernier d'arrêter sa saga après avoir livré l'identité de son grand bébé, se voit maintenant à la tête d'une série parallèle, XIII Mystery, brossant le portrait des fameux 128 protagonistes qu'il a confiés à des dessinateurs et scénaristes différents. L'histoire seule décidera s'il sera possible de tous les dépeindre. Le premier de la liste, chef de tueurs à gages flegmatique comme le veut sa profession, s'appelle La Mangouste. Charmant sobriquet pour décrire la force de cet homme capable, tel l'animal du même nom, de dévorer les pires serpents sans y laisser sa peau. Ralph Meyer et Xavier Dorison n'ont pas à rougir de leurs performances bien que le dessinateur de Berceuse Assassine ait du mal à restituer la plastique impeccable de Kim Rowland du temps de William Vance. Ce détail excepté, rien à redire sur la sale tronche de La Mangouste dont on apprend ici l'enfance difficile d'orphelin dans le secteur soviétique du Berlin d'après-guerre. Tout s'explique sur ses penchants fachos ! Frédérique Pelletier
Album cartonné 56 pages couleur Sortie le 3 octobre
Amour, gloire et beautées !
Des " Croix de bois " de Raymond Dorgelès aux albums de Tardi, on pouvait penser que tout avait été dit, écrit, filmé, dessiné, sur la terrible " Grande Guerre ", celle de 14-18, sans doute le plus grand charnier de l'Histoire… D'où, à la lecture du nouvel album de Jean-Pierre Gibrat, une certaine appréhension : encore ? Encore les tranchées, la boue, les rats, les morts, les barbelés, les gaz, les beaux uniformes bleus, les infirmières dévouées, les chevaux éventrés le long des routes, sans oublier l'assassinat de Jaurès, la nomination de Pétain, les fameuses mutineries ? Mais comment pourrait-on évoquer ce temps sans en restituer la matière même ? Gibrat, qui a choisi de nous conter le destin d'un jeune réfugié espagnol qui s'engage volontairement suite à une peine de coeur, met donc à son tour en scène l'enfer des tranchées et du front… Pourtant miraculeusement on ne ressent là nulle lassitude, l'impression de déjà-vu, déjà conté, à peine surgie, déjà s'estompe. Estce dû au talent de conteur ou de dessinateur de l'auteur ? Ou à la crédibilité, la véracité des personnages mis en scène : Mattéo, mais encore Juliette, sa presque-fiancée, ou encore Guillaume le jeune hobereau du coin, ou bien Paulin, l'ami peintre ? Il faut dire que Gibrat excelle à donner vie à ses personnages : sous ses crayons, les jeunes gens de ces temps révolus, soudain vivent, respirent, rient, souffrent. Son trait sculpte les visages et les corps, les anime soudainement d'émotion : là un geste tendre, léger comme la caresse d'une plume, là un rictus sardonique et douloureux, là une mâchoire qui se crispe sous un flot de haine, là encore des larmes, un visage, un être qui s'abandonne, qui craque, qui n'en peut plus… L'histoire que raconte Gibrat n'a pourtant rien d'exceptionnel : des jeunes Mattéo partis la fleur au fusil, la tête pleine d'idées absurdes sur ce que devait être la guerre et ce qu'étaient les patries, il y en avait des milliers, des millions… Ensuite ils découvraient l'enfer, parfois ils en revenaient… Mattéo est de ces derniers. Mais pour ceux qui ont vécu l'épouvante, le retour à la vie civile n'est pas une chose facile… Et puis il retrouve là les lambeaux de ce que fut son passé : Juliette mariée à un autre, son ami Paulin devenu aveugle. Désormais, rien ne peut plus être comme avant… Quel chemin parcouru, pour Jean- Pierre Gibrat, depuis les premières mésaventures de Goudard, publiées en noir et blanc, sur scénario de Jackie Berroyer dans les pages de B.D. puis de Charlie Mensuel ! Son dessin, alors semi-réaliste et volontiers humoristique se prêtait plus à la satire et à la chronique joyeuse qu'à l'émotion. Aujourd'hui, après avoir patiemment fait ses armes sur des récits comme La Parisienne ou Marée Basse, il s'affiche au sommet de son savoir-faire. Il a conservé de ses premiers travaux, le mordant du trait et l'ironie sous-jacente. Mais il a étendu sa gamme d'expressions à mille nuances, mille détails, demiteintes et subtilités… C'est pour cela que Mattéo comme les autres héros de cette aventure nous séduisent et nous troublent tant : ils ne ressemblent plus guère à des personnages de bande dessinée, mais à des êtres humains. Rodolphe
Album cartonné 60 pages couleur Disponible
Contes de la folie ordinaire
Qui s'y frotte s'y pique ! Considérée comme la bombe à fragmentation de la série Love and Rockets, La rivière empoisonnée est incontestablement un produit livresque dangereux pour les neurones des lecteurs les plus sages. On a déjà beaucoup écrit sur la fratrie Hernandez, sans qui la bande dessinée indépendante américaine serait probablement moins subtilement ravagée. Gilbert revient ici sur l'enfance et la jeunesse du maire de Palomar, la plantureuse Luba. Parue entre janvier 1989 et janvier 1993 sous forme de feuilletons, la saga incroyable de cette famille de Latinos arrive ici en one-shot. Ces 182 pages de tragi-comédie humaine au parfum trop capiteux des telenovelas brésiliens permettront certainement de mieux saisir la psychologie tourmentée des femmes de Beto déjà rencontrées dans Palomar City [Seuil, 2007]. L'auteur californien a évidemment un style moins punk que son frangin, mais sa manière d'analyser une société à cheval entre l'Amérique latine et les États-Unis est également trash. Ces héroïnes rock'n'roll ont dû se forger des caractères de dog pour survivre dans un monde de machistes mafieux. Avant de devenir une mama entourée d'une flopée de marmots issus de pères différents, Karlota fut une fillette trempée trop tôt dans le bain de la misère. Gilbert Hernandez, qu'on compare souvent à Gabriel Garcia Marquez, a la capacité comparable au grand écrivain colombien de transformer le réalisme cru du quotidien en contes ahurissants. Frédérique Pelletier
Album cartonné, 192 pages N&B en octobre
La saga continue...
En compagnie de différents dessinateurs, dont les excellents Bastide et Mezil pour ce cycle, et Griffo pour le suivant, Bernard Yslaire poursuit et développe l'univers romantique et fantastique qui avait fait le succès de la série initiale (créée avec Yann), Sambre [Glénat]. Il s'attache cette fois à développer des récits indépendants (développés sur des cycles cours de 2 ou 3 albums) et concernant tel ou tel membre de la famille Sambre. Ainsi Hugo et Iris relate la jeunesse d'Hugo, le père de Bernard, futur rédacteur du livre maudit laissé inachevé, La Guerre des Yeux. Le précédent volume s'ouvrait sur la célébration de son mariage avec Blanche, héritière de la famille Dessang, et déjà porteuse d'un héritier dont semble-t-il, il n'était pas le père. On le retrouve cette fois à Paris où, accompagné du Vicaire, l'ancien contremaître de la mine du Hainaut dont il vient d'hériter, il se prend de passion pour l'opéra, et tout particulièrement pour " La Muette de Portici " qui fait alors un triomphe dans la salle de la rue le Pelletier. L'actrice principale est une jeune et sombre beauté à la chevelure de geai, à la peau de lait et aux yeux de braises. Rouges, oui, d'un rouge intense et flamboyant, semblable à celui de la pierre précieuse enchâssée dans l'orbite du crâne découvert quelques semaines auparavant au fond de la mine du Nord. Pour Hugo, nul doute alors que la présence d'yeux rouges pèse sur l'histoire des Sambre et organise leur destin. Il voit là soudainement des intersignes qui se croisent et se répondent, lui-même étant comme l'épicentre d'une gigantesque toile, prisonnier d'un destin déjà écrit, et sans doute obligé à toujours le revivre… Une grande fresque romanesque et romantique, à la manière d'Eugène Sue et de Paul Féval, d'Hugo et de Dumas, mise en image précisément par des héritiers de Doré et de Delacroix. Rodolphe
Album cartonné 46 pages couleur disponible
Un an après avoir lancé leur département bande dessinée dirigé par Marya Smirnoff, les éditions Robert Laffont abandonnent la publication de nouveaux albums. Malgré quelques bonnes surprises comme le Bois des vierges de Dufaux et Tillier, les 7 cavaliers de Terpant, les Sentinelles de Dorison et Breccia, le catalogue manquait de cohérence. Faire travailler de nombreux italiens, certes excellents mais difficiles à imposer en France (voir le fiasco des Humanoïdes Associés par exemple), lancer Serpiéri dans un genre inhabituel, sont peut-être quelques raisons de cet échec. On parle d'une reprise du catalogue par Marya Smirnoff, ou encore d'une vente par morceaux des séries les plus intéressantes. Affaire à suivre... HF
Punk is not dead !
Ivan Brun reste un punk à sa manière. Même si son style a vaguement changé depuis l'époque indé des années 1990, le dessinateur hardcore conserve son regard perçant sur les travers de la mondialisation. Ici ou ailleurs, les gros capitalistes s'en mettent plein les poches tandis que la moitié de l'humanité racle les fonds de leurs poubelles. Par un procédé très simple, douze cases identiques par page sans dialogue, le dessinateur d'Otaku [Les requins marteaux, 2004] décrit avec une froideur abominable l'enfer que vivent les déshérités de la planète, surtout dans nos banlieues françaises et dans les bidonvilles sud-américains. Derrière certains personnages aux bouilles lisses d'enfants sages se cachent des monstres en puissance ravagés par une société qui n'arrive plus à endiguer la pauvreté et a érigé le fric en valeur suprême. D'autres protagonistes moins atteints psychologiquement tentent seulement d'affronter la solitude au travail ou dans leur vie sentimentale. Tous se prennent en pleine face la violence de notre époque où les désillusions sont le lot quotidien de la majorité d'entre nous. Ces histoires courtes aux chutes vertigineuses, prépubliées dans L'Écho des savanes, sont des petits bijoux de cruauté et de cynisme. Le message politique passe d'autant mieux qu'Ivan Brun utilise un trait qui n'est pas sans rappeler celui d'Otomo et met le lecteur en position de voyeur incapable d'enrayer la déréglementation sociale d'une bonne partie de la planète. Frédérique Pelletier
Album broché 86 pages couleur disponible
Portraits d'ados
Nouveau venu au collège, Alexandre est un garçon secret et rebelle qui vit depuis peu dans un appartement de la cité, avec sa mère à la recherche d'un emploi et sa soeur aînée. Grégory, que son comportement intrigue, devient son confident. Trois amies de Greg, Marion, Jade et Clara partagent le quotidien des deux garçons passionnés par les blogs. Alexandre ne parvient pas à avouer le lourd secret autour de l'absence de son père. Le vol de l'argent destiné à financer un voyage organisé par l'école sera l'élément déclencheur qui lui permettra enfin de crever l'abcès. C'est comme à son habitude avec beaucoup de pudeur que Tito fait évoluer les jeunes protagonistes tout au long de ce récit aux mots qui sonnent justes. Sans chercher à utiliser les clichés sans cesse ressassés des banlieues difficiles, il dépeint avec justesse les problèmes graves auxquels sont confrontés les adolescents d'aujourd'hui vivant dans ces quartiers où la vie n'est pas toujours un enfer. Né en 1982 dans les pages d'Okapi, Tendre Banlieue connaît un succès qui ne se dément pas auprès des jeunes lecteurs du journal qui en poursuit toujours la publication. Son trait élégant et précis, ses scénarios réalistes et sensibles, permettent à Tito d'évoquer des sujets difficiles sans tomber dans le voyeurisme. Il est désormais possible de découvrir les dix-huit épisodes précédents dans la série d'intégrales que viennent de lancer les éditions Casterman. La BD idéale des années collège. Henri Filippini
Album cartonné 48 pages couleur disponible
Du côté de chez Drewe
Avec ses jambes interminables, ses airs de princesse, sa chronique dans un journal à grand tirage, ses envies de célébrité et sa tendance à briser des coeurs, Tamara Drewe est l'archétype de la vamp' urbaine. Alors quand ce genre de " louloute " débarque dans une petite bourgade de la campagne anglaise, je ne vous raconte pas les dégâts... Certes, c'est une fille du pays mais sa célébrité naissante, tout comme son opération de nez qui l'a transformée en superbe amazone, l'ont fait revenir avec un tout autre statut. Tous les habitants, entendons-nous surtout les mâles - les locaux comme les écrivains venus là pour finir leurs manuscrits - en sont tout retournés. Surtout quand elle revient accompagnée d'un autre homme… bien plus célèbre qu'elle ! Voici le décor planté du nouveau Posy Simmonds, l'auteure anglaise qui nous avait émus et bouleversés avec le très remarqué Gemma Bovery paru chez Denoël. Le passage à la couleur et à un format différent [Cf. l'interview qu'elle nous a accordée en début de numéro] n'a rien enlevé à l'immense talent de cette auteure. Sa vision d'une certaine Angleterre avec ses moeurs, ses angoisses, ses potins… est si habilement traduite qu'il nous est difficile de quitter tous ses personnages même après 136 pages et deux bonnes heures de lecture [le relire m'a pris la quasi-totalité du temps pour faire Paris-Londres en train]. Il faut dire qu'il faut aller dans les détails - et ils sont nombreux - pour apprécier toute la subtilité de ce récit. Madame Posy Simmonds, permettez-moi de vous appeler Elisabeth : Vous êtes une immense auteure ! Frédéric Bosser
Album cartonné 136 pages couleur disponible
Nikopol a un fils ! Serait-ce un scoop ?! Non, juste une habile technique faite par la société Digital Bros pour imaginer un jeu interactif à partir des personnages nés de l'imaginaire d'Enki Bilal.
Le principe est simple : dans un futur autoritaire et décadent, Alcide Nikopol apprend que son père, ancien résistant en hibernation depuis trente ans dans l'espace, est de retour sur Terre et qu'il est manipulé par Horus qui veut le placer à la tête de Paris. Le valeureux Alcide va tout faire pour le retrouver et annihiler les folies du Dieu rebelle. L'aventure commence dans son appartement parisien, avant de se poursuivre… si vous êtes bon joueur bien entendu, dans un cimetière puis le métro, la tour Montparnasse et l'Elysée.
C'est plutôt bien foutu et comme nous n'avons pas eu le jeu à notre disposition seulement une démonstration lors de la conférence de presse, nous nous garderons bien de le juger. Écrivez-vous pour nous donner votre avis… FB
> Nikopol, la foire aux immortels. Editions Digital Bros. 39,99 €. Dispo.
Magistral !
Les éditions Futuropolis, en association avec le Louvre, continuent de nous proposer des histoires étonnantes se déroulant dans le plus grand musée du monde. Après Période glaciaire de Nicolas de Crécy et Les Sous-sols du Révolu de Marc-Antoine Mathieu, voici Eric Liberge égrenant les Heures impaires. Histoire étonnante, déroutante, le récit nous présente deux personnages atypiques et touchants : le vieux gardien de nuit Fu Zhi Ha et Bastien, un jeune malentendant un peu paumé. Venu tenter d'obtenir un stage au service éditorial du Louvre, Bastien va faire la rencontre de cet inquiétant gardien qui va rapidement lui révéler sa véritable fonction : il veille sur les âmes qui habitent les oeuvres d'art conservées dans le musée. Car, et cela Bastien aura bien du mal à l'admettre, chaque artiste a mis une part de lui, de sa personnalité, de ses joies et de ses souffrances dans les formes représentées… Enfermées dans les dimensions de leur cadre ou de la matière dont elles sont constituées, les oeuvres doivent supporter les regards des visiteurs, les grimaces des incultes et les moqueries des pédants. Vient alors le moment où elles ont besoin de se libérer afin de ne pas se détériorer et se faner. Irrémédiablement… Aux heures impaires - c'est l'héritage que Fu Zhi Ha va enseigner à Bastien - il faut les aider à sortir de leur cage en usant d'instruments de musique pour arrêter le temps. Eric Liberge, en développant des pages somptueuses de flamboyance, signe ici une oeuvre forte. Très forte. Brieg F. Haslé
Album cartonné 72 pages couleur disponible
Ce Japon que j'aime
La jeune dessinatrice Aurélia Aurita arrive à Tokyo où elle doit retrouver pour trois mois son amoureux, le dessinateur Frédéric Boilet, bien connu du monde de la BD, qui lui possède un visa de séjour permanent. N'ayant pas rencontré de difficultés auprès des autorités lors de ses voyages précédents, elle espère passer la douane sans encombre une fois encore. Hélas, retenue par un fonctionnaire zélé, elle va passer des heures à expliquer les raisons de son souhait de résider trois mois au Japon afin de poursuivre la découverte de ce pays qu'elle adore. La chose est d'autant plus pénible que la pauvre Aurita souffre d'une gastro carabinée, cadeau de sa mère avant son départ. Elle finira par obtenir une autorisation de séjour d'un mois, retrouvera son amoureux, mais devra dire adieu à son projet de visiter Okinawa. C'est son expérience douloureuse face à la redoutable administration japonaise en action qu'elle raconte avec humour dans ce petit bouquin très réussi. Pas la moindre séquence érotique, c'est un exploit dans une histoire signée Aurélia Aurita, mais toujours cette facilité à se raconter et cette légèreté du verbe qui enchante le lecteur conquis par son trait tout en rondeur. Henri Filippini
Album souple 68 pages N&B disponible
Soeur Marie-Thérèse ranime le saigneur
Désormais pensionnaire de l'abbaye Notre Dame du Pic en Bourgogne, dirigée par la sévère mère Dolores, notre irrévérencieuse soeur Marie-Thérèse (ex. des Batifoles) doit désormais faire profil bas entre une bonne bouteille de Bourgogne et Igor le prêtre pédophile. Tout devient plus difficile lorsque soeur Dolores, jamais à court d'idées farfelues, décide de redonner vie au Christ grâce à la technique moderne du clonage. La science venant enfin au secours de la religion, les braves nones sillonnent le monde à la recherche du sang de Jésus-Christ indispensable au succès de l'opération. C'est après avoir abandonné la piste de Jésus, un brave Noir poursuivi par une horde de chasseurs belliqueux, que les saintes femmes apprennent que le saigneur vit quelque part dans les Carpates. Hélas, le personnage n'a rien à voir avec leur Seigneur puisqu'il s'agit du fameux comte Dracula. L'humour destructeur de Jean-Marie Maester fait merveille tout au long de cette folle équipée menée tambour battant par une Marie-Thérèse plus pétulante que jamais. Entre ses dessins truffés de clins d'oeil, les trognes pas toujours anonymes de ses personnages et pour la première fois des couleurs superbes, le lecteur savourera avec délectation les aventures pas toujours catholiques de cette missionnaire de choc. En cette période où le mysticisme s'empare de nos dirigeants, il était temps qu'une femme de poids use de sa verve pour défendre la laïcité. Henri Filippini
Album cartonné 48 pages couleur sortie le 20 octobre
Carlos Meglia, auteur de Cañari [Scénario Crisse, Soleil], CyberSix [scénario Trillo, Vents D'Ouest], Superman et Tarzan, est décédé le 14 août des suites de complications survenues lors d'une intervention cardiaque.
Carlos souffrait de problèmes sanguins mais ne s'en était jamais vraiment préoccupé. Son père et un frère sont décédés du même mal par le passé. Il n'avait que 50 ans. Son dernier album, Red Song, est paru en juillet chez Soleil. FB
Les derniers marginaux
Le Neptune a pris sa route vers les Amériques et l'or d'un fabuleux trésor. À son bord sont montés les principaux protagonistes du drame, initié près de 150 ans plus tôt par l'immense Robert Louis Stevenson et relancé aujourd'hui avec grand savoir-faire par Xavier Dorison et Mathieu Lauffray. Ainsi retrouve-t-on le Capitaine Hastings, le docteur Livesey et bien sûr le cuistot unijambiste de l'Hispaniola, le fameux John Silver, ancien compagnon d'arme du sinistre Capitaine Flint. On trouve également à son bord une femme étrange, aussi belle que déterminée et violente, la belle soeur du capitaine, Lady Vivian… C'est elle l'initiatrice de cette nouvelle aventure, elle qui a recruté Hastings et Livesey et chargé John Silver de faire enrôler parmi l'équipage, la pire racaille des bouges et des mers, anciens compagnons d'arme du pirate, forbans sans foi ni loi ne rêvant que d'or et de fortune, et prêts à tout pour se l'approprier… Il y a encore, parmi ceux qui ont pris place sur les ponts du Neptune, un jeune garçon d'une douzaine d'années, Jack, qui bien sûr, rappelle étrangement Jim Hawkins, le jeune héros de l'Île au Trésor. Mais à la différence de Jim, Jack ne survivra pas à l'aventure : sommé par le capitaine Hastings de livrer les noms de ses complices, et s'y refusant, le garçon est fouetté avec une telle violence qu'il en meurt. Bien sûr, ses compagnons, les pirates embarqués par John Silver, et John Silver lui-même, bouillent de ne pouvoir agir. Mais Hastings est le seul à savoir lire une carte et donc à pouvoir amener le Neptune à bon port. Alors ils se mordent les poings et se taisent. Plus tard bien sûr, lorsque les côtes de l'Amérique seront en vue, la violence alors explosera, ravageant d'un coup le navire comme l'éclair et la foudre… Un beau chapitre inédit à ajouter au chef d'oeuvre de Stevenson… Rodolphe
Le tueur de la pleine lune
Surnommé " le tueur de la pleine lune " par les uns, " l'homme au treillis " par les autres, Roberto Succo a commis huit crimes horribles dans le sud-est de la France au début de l'année 1988. Sous les prénoms de Kurt, puis d'André, le meurtrier a entraîné deux jeunes femmes, Sabrina et Carole, dans son périple sanglant. Originaire du Frioul au Nord de l'Italie, le jeune homme s'était évadé de la prison psychiatrique où il était retenu après avoir sauvagement assassiné ses parents six ans plus tôt. Capturé à l'issue de son périple français en Italie où il s'était réfugié, il a retrouvé la prison San Piox de Vicence après le refus d'extradition demandé par la France. C'est l'histoire de ce héros diabolique d'un fait divers qui a fait couler beaucoup d'encre que raconte ce récit de l'Italienne Ilaria Trondoli. C'est aussi le destin d'un homme au visage d'ange et aux yeux clairs, qui disait qu'il y avait du mal en lui. À la fois fragile et destructeur, Roberto Succo était un schizophrène dont le parcours meurtrier a inspiré le cinéma, le théâtre et la littérature. C'est aujourd'hui au tour de la bande dessinée de conter son histoire tragique. Ilaria Trondoli parvient à faire oublier l'ultraviolence du personnage grâce à un dessin sensuel et à des couleurs à l'aquarelle discrètes et troublantes. Un récit habilement mené proposé dans un album à la présentation soignée. La découverte d'une jeune auteure à suivre de près. Henri Filippini
Album cartonné 140 pages couleur sortie le 16 octobre
Tout au long de ces vacances, l'affaire Siné a fait les beaux jours de la presse. Elle a débuté avec le licenciement de Charlie Hebdo du dessinateur septuagénaire par Philippe Val, patron de l'hebdomadaire.
Accusé d'avoir tenu des propos antisémites mettant en cause Jean Sarkozy (le fils de...) dans sa rubrique Siné sème sa zone, le dessinateur a rendu coup pour coup tout au long de cette fronde qui ne ressemble pas à l'esprit Charlie. Une pétition en sa faveur, des chroniques dans Le Monde, un portrait en dernière page de Libération ont convaincu Siné de lancer son propre journal, Siné Hebdo, le 10 septembre. Une affaire sulfureuse à suivre... HF
> Siné Hebdo, en kiosque.
C'est un des plus vieux festivals de France malgré ses 26 balais et pourtant, il ne s'est jamais montré aussi dynamique. À travers de nombreuses expositions [Emmanuel Lepage, Julien Neel], des rencontres [Kris et Wilizecat], des ateliers de dessins, des actions pédagogiques et citoyennes sans oublier les séances de dédicaces, le Festival d'Audincourt montre toute la diversité de la création contemporaine en bande dessinée.
L'invité d'honneur, qui signe l'affiche, est Emmanuel Lepage, un auteur que l'on ne vous présente plus. Avec Gildas Chasseboeuf, il s'est rendu à Tchernobyl pour comprendre le quotidien des autochtones. Les 200 dessins qui en sont ressortis seront exposés pour cette occasion. Une vraie bonne excuse pour se rendre dans cette ville. FB
> Les 18 et 19 octobre. Festival BD d'Audincourt. Tél. : 03 81 36 37 83. www.mission-bd.com
Stéphane Levallois, l'auteur des très remarqué La Résistance du sanglier [Futuropolis, 2008], Le Dernier Modèle [Futuropolis, 2007] et Noé [coll. Tohu-Bohu, Les Humanoïdes associés, 2000], expose pour la première fois à la Médiathèque Hermeland de Saint-Herblain.
L'exposition présente sur 150 m2 un ensemble de son travail. Près de cent trente dessins originaux tirés de ses bandes dessinées… mais aussi des oeuvres personnelles, acryliques et huiles sur toile de grand format, sans oublier son travail d'illustrateur et de réalisateur : Carcan son premier film réalisé en 2002 (prix du court-métrage Canal +) et Butterfly (2006) seront projetés en continu dans l'espace exposition. FB
> http://stephanelevallois.com Rencontre avec Stéphane Levallois le jeudi 16 octobre à 20 heures > Exposition du 2 septembre au 31 octobre. Médiathèque Hermeland, rue François- Rabelais, 44800 Saint-Herblain. Tel.: 02 28 25 25 25. http://la-bibliotheque.saint-herblain.fr
Les 6 et 13 octobre, Canal+ diffuse en prime time et en exclusivité la mini-série extraite de XIII… vous savez cette aventure imaginée par les compères Jean Van Hamme et William Vance pour les éditions Dargaud, il y a un quart de siècle ! Une série réalisée par Duane Clark, [Les Experts, Meadowlands] avec comme acteurs principaux Stephen Dorff et Val Kilmer, qui joue le rôle de La Mangouste.
Les moyens mis en oeuvre, on parle de 15 millions d'euros entre la France [Cipango] et le Canada [Prodigy Pictures Inc.] sont magnifiquement exploités. Car même si on est connaisseur de la série et donc de l'intrigue, on est happé dès la première minute par cette adaptation tournée à la 24 Heures Chrono. Alors un conseil, ces deux soirs, oubliez vos amis, envoyez votre compagne au cinéma avec ses copines ou à une soirée pyjama, zappez l'éventuel match de football de l'équipe de France [bon, là, j'avoue, vous ne ratez rien en ce moment], car vous allez passer à chaque fois 90 minutes de bonheur !
Seul regret, un Major Jones loin du personnage papier, présenté plus comme une mulâtresse que comme une " black ". Mais ne boudons pas ce plaisir et prions ces messieurs, de nous faire cela plus souvent… FB
> XIII, la mini-série. Diffusion sur Canal + les 6 et 13 octobre en prime-time.
Faute d'en avoir eu l'idée les premiers, les éditeurs BD spécialisés dans l'humour croyaient tous faire un bon coup en surfant sur le succès du film de Dany Boon. Résultat, c'est une véritable guerre aux ch'tis qu'ils ont orchestrée pendant cette période estivale : aux éditions Drugstore [ex. Vent des savanes], Monsieur B présente La Vérité sur les Ch'tis, Soleil publie Un ch'ti coin de paradis signé Panetier et Turalo, Jungle lance Salut les Biloutes ! mis en musique par Jacckilliu et Pascaud, Delcourt sort Les Blagues Ch'tis de JL Loyer [Cf. interview de l'auteur dans ce magazine] et enfin le Belge Joker est lui aussi dans la course avec Les Ch'tis.
Inutile de vous dire que pour être placés en librairie le plus tôt possible, ces albums ont été conçus dans la hâte. Résultat, des dessins pas vraiment au top et des gags parfois un peu lourds. Pas de quoi se fâcher, d'autant plus que ces produits pour grandes surfaces tiennent plus du coup médiatique qui s'oublie vite, que de la série ambitieuse que l'on collectionne. HF
Depuis plus de dix ans, pas de bonne rentrée des classes sans l'élève Ducobu. Plus que jamais le sympathique cancre imaginé par Zidrou et Godi est cette année présent partout.
À l'album classique portant la griffe des éditions du Lombard [Le quatorzième] baptisé Premier de la classe [en commençant par la fin] s'ajoute le copieux Guide Ducobu de l'école [pas moins de 224 pages richement illustrées s'il vous plaît], co-édité par Fleurus qui vaut largement ses 17 euros.
Enfin, les collectionneurs amoureux dingues de Ducobu, se devront de récupérer l'excellent dossier de presse produit par les éditions du Lombard. Tiré à 120 000 exemplaires, avec plus de deux millions d'albums vendus depuis 1997, Ducobu joue dans la cour des grands. HF
Animée par l'inusable Jean-Pierre Tibéri, l'association Regards a pour but de rééditer à très faibles tirages des bandes dessinées publiées dans les illustrés de notre enfance et jamais proposées sous forme d'albums. La collection Ça cartonne, effectivement cartonnée et en couleurs s'il vous plaît, compte déjà une dizaine de titres tirés à une centaine d'exemplaires.
Les plus récents reprennent la Fortune de Ruffin et Titi Pomme du merveilleux Jean Trubert, Une maison disparaît de Jean Tabary et enfin Tit Jo du trop méconnu Ramon Monzon. De quoi faire respirer une bien agréable bouffée de nostalgie aux plus vieux d'entre vous, mais aussi l'occasion de belles rencontres avec de grands créateurs disparus pour les plus jeunes. HF
> Jean-Pierre Tiberi, Esperausses, 81260 Brassac.
Jean-Pierre Duffour ou la Géométrie des émotions : oeuvres sur papier, photographies, lithographies, sérigraphies, affiches multiples d'artistes, dessins, gravures contemporaines et anciennes. FB
> Galerie Le cabinet d'amateur, 12 rue de la Forge Royale 75011 Paris. http://www.lecabinetdamateur.com
Alors que la presse BD rame depuis quelques années, les Blondes imaginées par Gaby et Dzack ne se démontent pas et surfent sur le succès de leurs albums (plus d'un million d'exemplaires vendus depuis le lancement du premier album) pour proposer un mensuel concocté par l'équipe Soleil.
Un format tabloïd, 16 pages en couleurs et malgré un prix pas vraiment modeste de 2,95 euros la formule semble séduire les lecteurs.
Outre la série titre, on peut y savourer des gags de Comme des bêtes de Panetier et Ghorbani, des P'tits diables de Dutto, des Cancres de Gaby et Ghorbani... sans oublier les débuts des Ch'tis par Panetier et Turalo. Rien que du populaire ! HF
Chez Bamboo, dix ans ça se fête ! Ceux qui ont apprécié l'entretien de Frédéric Bosser avec Olivier Sulpice [voir [dBD] n° 26] sont invités à se procurer sans retard l'album " collector " qui vient de paraître. Un petit bouquin élégant de 68 pages en couleurs revient sur l'histoire des dix premières années de cette maison d'édition spécialisée dans la bande dessinée populaire et à qui tout semble réussir.
On peut y savourer de nombreux gags inédits des séries vedettes, des photos des auteurs mais aussi de l'équipe éditoriale, un texte riche en anecdotes savoureuses signé Laurent Mélikian. Bref, de quoi tout savoir sur la seule grande maison d'édition BD née au cours de ces dix dernières années. Attention ! Le tirage de ce mini-album vendu deux petits euros est limité.
C'est avec classe que les éditions Bamboo lancent leur nouvelle collection Focus, petite soeur de la ligne Grand Angle. Focus a pour ambition de proposer des histoires choc, signées par des auteurs à la notoriété reconnue, vendues à un prix compétitif de 10,40 euros.
À cette occasion Bamboo a publié un superbe album cartonné et en couleurs, réunissant les trois premiers récits, accompagnés d'un rédactionnel passionnant, tiré à 1 200 exemplaires, réservés à la presse et à la promotion. Un bien bel ouvrage de 164 pages qui propose Sienna des frères Desberg, Filmore et Chetville, le tome 5 de Sam Lawry par Chetville et Richez et le Village de Rodolphe et Bruno Marchal. Trois chouettes histoires placées sous le signe de la détente que vous pourrez découvrir bientôt dans une présentation classique. On ne peut que féliciter Bamboo pour cet effort de promotion qualitatif que n'aurait peut-être pas eu l'audace d'oser bien des éditeurs plus importants. HF