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100 % jalouse !
Pourquoi les autres filles ont-elles des petites fesses de Brésiliennes alors que les nôtres ressemblent à de la gelée anglaise ? Pourquoi ont-elles tant d'allure même dans des fringues immettables ?… Dans ce mini-album, Hélène Bruller laisse libre cours à sa jalousie. L'ensemble est drôle et enlevé mais les gags se répètent un peu et manquent parfois d'acuité : il paraîtrait que les hommes seraient tous beaux, tendres, romantiques… Franchement, vous y croyez, vous ? Muriel Pulicani
Album souple - 48 pages couleur - disponible
Hymne à l'amour
Zeste ou la passion d'une adolescente pour un jeune homme toxicomane. La drogue et l'amour les transportent loin de la cité aux murs gris. Car ces peintures colorées invitent à un voyage, beau, sensuel, étrange où se mêlent le quotidien, des rêves et des cauchemars, des dessins naïfs et des oeuvres de grands peintres que Céline Wagner réinvente. Et le texte, fort, brut, raconte le désir, la vie auprès de ce garçon, et l'angoisse aussi… Un superbe roman graphique sur l'amour qui va au-delà de tout. Muriel Pulicani
Album souple - 64 pages couleur - disponible
Pétage de plomb
Après l'inoubliable et poignant Comment j'ai tué Pierre [scénario de Ka, Delcourt] et le troisième tome plus feutré du Désespoir du singe [scénario J.-P. Peyraud, Delcourt], Alfred renoue avec ses récits " coup de poing ". Adapté d'un livre de son ami Guillaume Guéraud, l'auteur est encore allé au fond de ses tripes pour nous livrer dans l'urgence et tout en énergie un de ses plus beaux albums, et de notre point de vue, l'album incontournable de ce début janvier… Dès les premières pages, nous sommes au coeur de l'action - on dit toujours qu'un bon livre est un livre qui vous saisit d'entrée… n'est-ce pas cette recette où excelle un Jean Van Hamme par exemple ? Je mourrai pas gibier commence par cette vue d'ensemble mettant en scène des gendarmes encerclant un pavillon. Puis c'est un travelling avant qui nous prend par la main pour nous monter dans une chambre où des douilles de cartouches de carabine sont à même le sol. Puis zoom arrière pour nous guider dans le jardin où nous retrouvons un homme au sol, la cheville brisée… et qui énumère une à une toutes les personnes qu'il vient de buter froidement lors du mariage de son frère. Le reste du récit nous expliquera page après page, les raisons qui l'ont amené à ce geste... Autant dire que l'on se retrouve vite happé par cette histoire, se surprenant à tourner frénétiquement les pages, en se disant sans cesse que ce n'est pas possible, que c'est un mauvais rêve et que le narrateur va bien finir par nous détourner, par je ne sais quelle pirouette, de cette scène macabre. Il n'en est rien ! Cet homme a bien agi de la sorte : c'est un assassin ! Et l'horreur qui en jaillit n'est en rien édulcorée. Pourtant, l'homme ne ressemble en rien à ces " barrés " que l'on veut bien nous décrire dans ces faits divers sordides dont les journaux à scandale abondent. Cet homme, c'est vous, c'est moi ! C'est un homme fait de chair et d'os, qui vit et respire comme vous et moi... C'est surtout un homme qui un jour, pète un plomb devant un fait de vie qui le révolte au point de tuer ses proches. Sa vie bascule… en un déclic ! Ce qu'il y a également de passionnant dans ce récit, c'est cette montée en puissance dans la violence quotidienne et banale : c'est du brut de chez brut, comme on dit. C'est du Stanley Kubrick dans Orange mécanique. Il faut souligner également le traité graphique utilisé par Alfred. Comme il le signale fort justement dans l'interview qu'il nous a accordée [Voir rubrique " Album du mois "], histoire d'être au plus proche de la brutalité et de la rudesse du récit, il a usé des matériaux les plus basiques : feuilles de mauvaise qualité et stylo bille. L'approche donne une dimension et une force incroyables au récit. J'ai adoré cette montée en puissance vers la violence qui est suggérée plus que montrée. Et puis cette scène où le personnage principal enlace ce pauvre type… jusqu'à ne plus être représenté que par quelques traits, c'est une merveille de narration ! Merci Alfred, c'est beau à en crever… Frédéric Bosser
Album cartonné, 112 pages couleur le 7 janvier
Prometteur
1961, en pleine Guerre froide, l'agent secret Grégor Polianov est rendu aux Soviétiques après avoir été démasqué alors qu'il était en mission à Seattle. L'homme qui persiste à dire qu'il est un ingénieur finlandais est conduit au Village où séjournent les espions de l'URSS communiste entre deux missions. Coupé de tout, avec ses faux airs de centre de vacances, ce lieu est en réalité un centre de conditionnement d'où personne ne peut s'évader. Le scénario habile signé Rodolphe invite le lecteur à suivre l'attachant Polianov aux prises avec ses supérieurs qui ne sont pas des enfants de choeur. L'intrigue bien ficelée parvient à conserver la clé du mystère jusqu'aux dernières pages de l'album. Bertrand Marchal, après deux courtes séries de rodage passées inaperçues [Frontière au Lombard], réalise une belle performance en rendant crédible l'existence de ce Village, même si les personnages qui y évoluent sont parfois trop figés. Chaque album étant indépendant, on attend avec curiosité l'arrivée des prochains hôtes invités à vivre au coeur de ce monde fermé et inquiétant. Un bon départ pour la collection Focus des éditions Bamboo. Henri Filippini
Album cartonné 48 pages couleur disponible
Blasphèmes et luxure
Le dimanche de Pâques 1494, le pape Alexandre VI Borgia devient l'amant de sa fille Lucrèce. Promise à son frère César, la jeune femme propose à son père de prendre pour maîtresse la belle Julia Farnese, retenue au couvent de Saint-Sixte. Amoureux fou de sa nouvelle conquête, le tyrannique saintpère affronte le cardinal Julien della Rovere, partisan d'une église catholique délivrée de la luxure à laquelle s'adonnent les Borgia à Saint-Pierre de Rome. Le roi de France Charles VIII marche sur Rome, flanqué de son astrologue Agrippa à la solde des Borgia. Ce troisième et avant-dernier volume la série permet à Milo Manara d'illustrer magnifiquement l'Italie décadente de la fin du XVe siècle. On retrouve le grand Manara de l'Été indien, très loin de la simplicité graphique de ses derniers albums. Ses images violentes, sulfureuses, d'un érotisme torride, peuplées de filles ardentes et belles, respirent la vie, la débauche, la décadence, sentent le stupre et le sang. Alejandro Jodorowsky, particulièrement inspiré, utilise les mots justes, délicieusement crus, en parfaite harmonie avec l'état lamentable de l'Église en cette fin de Moyen-Âge. Cet album, ainsi que les deux premiers volumes qui viennent d'être réédités, bénéficient d'une nouvelle maquette mettant en valeur le travail du dessinateur. Il est réconfortant de penser qu'avec les albums de Pichard, Von Gotha et Manara, les censeurs vont avoir une fin d'année studieuse. Henri Filippini
Jusqu'au bout sur son Messerschmitt
Janvier 1945, l'Allemagne nazie est en train de perdre la guerre. Pourtant, ses ingénieurs continuent de travailler sur des armes miracle, dont une nouvelle génération d'avions de chasse. L'un d'eux, le Messerschmitt 262, est presque invulnérable. Nikolaus vole sur cet engin capricieux et découvre que le diable n'est pas que nazi. Il peut avoir pris la forme d'un chien, Fisto, mascotte des pilotes, qui passe des pactes avec les humains. Dans ce tome 2, Nikolau, dont le frère s'est suicidé pour échapper à Fisto, devient lui aussi le jouet du chien qui lui a promis, en échange de son âme, la vie de sa soeur. Méphisto et Faust sont revisités. Et voilà un véritable manuel de vol et une superbe reconstitution historique sans concession qui raconte aussi les abominables expériences faites sur des déportés pour reproduire les conditions de vol en haute altitude. Ciel en ruine est dans la lignée des grandes collections Paquet sur l'aviation. Le trait, dans la plus pure des lignes claires, colle parfaitement à l'ambiance. Le scénario est novateur même si le côté fantastique peut dérouter au départ. On s'incline devant le travail du duo Pinard-Dauger qui marque, après Hugault, le retour en force des belles séries aéronautiques. Jean-Laurent Truc
Un cow-boy solitaire qui aimait les femmes
Il est de retour, le cow-boy solitaire. Gus Flynn, regard perdu et long nez au vent, est le héros des quatre aventures pittoresques du tome 3 que signe Blain, rassemblées sous le titre générique d'Ernest. Un caractère que Gus va rencontrer pendant sa folle jeunesse. Chef d'une bande de hors-la-loi qui se déguisent en Indiens pour faire porter les plumes à d'autres, Ernest sent vite que le vent va tourner. Devenu tenancier d'un bordel de luxe dont il choisit les femmes avec délectation, il embauche le jeune Gus qui a des dispositions naturelles à être un roi de la gâchette. Commence alors entre les deux hommes une association qui va mal tourner. Histoire de femme bien sûr, et puis Gus finit par en savoir trop. Beaucoup de force, de sentiments dans cette histoire d'hommes typique de l'univers du western que Blain s'est approprié en lui apportant finesse et relief. Gus poursuit son chemin dans les autres épisodes : on le retrouve moustachu à une table de poker, peu de temps après qu'il a quitté ses deux compères Clem et Gratt. Toujours les femmes, porte-bonheur de sa réussite au jeu. L'oeil noir, gilet brodé, il est une légende. Un dessin qui colle au cadre. On se rapproche du personnage de Wyatt Earp ou de Doc Holliday. Ambiance garantie. Et vlan, il tombe amoureux d'une " littéraire ". Il s'y croit, Gus, sauf que la belle est frigide. Comme une étoile de sheriff. Superbe. Plus dure sera la chute et la suite : dans les deux dernières nouvelles, Gus perd la main. À tous niveaux. Son point faible, les femmes qui le transcendent quand il joue, est découvert. En prime, il n'est plus le roi du colt. Paumé, le Gus, et à la merci de petits crétins qui voudraient se faire une réputation en le flinguant. Il finit par être embauché par des fermiers originaires d'Europe centrale pour les défendre contre des éleveurs de bétail dans un patelin perdu. Son seul copain sera un gamin à lunettes, Anton, un élève qui pourrait dépasser le maître. Sauf que… On vous laisse découvrir la fin. Dire que la maîtrise de Blain est totale est une évidence. Tout y est : les attitudes, les petits détails comme on les aime ou les grands espaces. On est plongé dans le vieil Ouest mais à la sauce Blain, c'est-à-dire enlevée, colorée, enjouée parfois, toujours subtile et le trait concis. Jean-Laurent Truc
Album cartonné 88 pages couleur disponible
Copains comme cochons
Le rose leur sied à merveille. Si vous ne connaissez pas encore feu le blog de Frédé, Claude, Ella, Juan et Fern, pas de panique : ce pavé de 448 pages reprend la saison 1. Enfin me semble-t-il. Cette bande de potes est complètement out. Comment peut-on inventer des personnages aussi barrés à une époque si politiquement correcte ? Quel bonheur ! Quel pied ! Quel délire ! Quel surréalisme ! Franchement, c'est du grand n'importe quoi, truffé de psychologie, saturé d'aventures rocambolesques, gorgé de dialogues piquants et de références poilantes. Le grand jeu étant de retrouver qui dessine quel héros, avec comme postulat de départ que quatre jeunes dessinateurs dans le vent sont à l'origine du blog : Aude Picault, Erwann Surcouf, Domitille Collardey et Boulet. Peu importe qui fait quoi, ce quatuor improbable qui comprend une première de la classe, un bisexuel narcissique et crâneur, une musicienne affreuse mais plutôt sympa, une dépressive chronique et un petit dernier arrivé en fin de saison 1, un égaré d'un quelconque pays de l'Est bien à l'ouest. Tout ce beau monde réussit à cumuler vie de famille un brin bancale et attaques de super-héros ou de morts-vivants avec beaucoup de panache. Ce sont les chevaliers sans peur et sans reproche du XXIe siècle. Il y a un vrai souffle épique dans cette fresque actuelle sur l'amitié. On est à cheval entre Friends, les Frustrés et Donjon, avec pour seule couleur le rose des envolées allumées de ce groupe d'amis détonnant. Frédérique Pelletier
Album broché 448 pages couleur le 3 décembre
Du tout bon Ferri-Larcenet
Branle-bas de combat aux Ravenelles, le village où l'auteur de BD Manu Larssinet s'est réfugié avec femme, bébé et félin domestiqué ! Rien ne va plus dans ce trou campagnard : Mariette a repris la fac. Du coup, Manu déprime et doit supporter un inquiétant défilé de candidates au poste de nounou de Pupuce. Loupiot, l'épicier local, lutte contre la grande distribution en tentant de mobiliser la population contre l'implantation d'un agressif " Krachdiscount ". Le maire tente fort peu honnêtement de se faire réélire tandis que l'instituteur dénonce ses petites magouilles. Le chat Speed refuse catégoriquement d'emprunter la somptueuse chatière que Manu lui a installée (et que la petiote trouve néanmoins fort pratique)… Tout cela sans compter avec l'arrivée de Ferri, le scénariste de Larssinet, qui vient au vert pour écrire le scénario que nous avons entre les mains - et qui opte pour une installation souterraine afin de ne pas troubler la quiétude de ce charmant foyer ! Avec en leitmotiv narratif rythmant ce 5e tome, des " atlantes ", créatures aquatiques assez immondes mais fort désopilantes, portant de jolis prénoms grecs, et qui dévalisent le frigo en passant par la chatière de Speed, et " Philippe de Dargaud " (alias Philippe Ostermann, l'éditeur du vrai Larcenet) appelant de sa voix sucrée Manu Larssinet pour savoir où il en est de ses travaux dessinés : on ne sait qui des " atlantes " ou dudit Philippe nous fait le plus rire par ses régulières réapparitions ! Brieg F. Haslé
Au coeur de la Birmanie
La série Jonathan existe depuis plus de 33 ans maintenant (le personnage a fait sa première apparition dans le journal Tintin le 4 février 1975) mais elle réussit pourtant l'exploit d'être beaucoup plus moderne que nombre de titres plus récents. Après avoir été un des premiers (et pendant longtemps un des seuls) à nous parler des vicissitudes subies par les Tibétains, Cosey nous entraîne cette fois au coeur d'un autre pays asiatique où la vie n'est pas simple (doux euphémisme…) : la Birmanie. Son héros est arrivé là après avoir été embauché comme guide par un médecin britannique envoyé par le Comité international de la Croix-Rouge pour installer une nouvelle antenne médicale. Quand son compagnon de voyage est obligé de partir à Bangkok pour se faire opérer de l'appendicite, Jonathan suspend son périple au bord du lac Inlé, sur ce plateau Shan généralement interdit aux étrangers. Il va profiter de cette pause pour reprendre l'écriture de son journal mais aussi pour faire de nouvelles rencontres. Certaines vont lui faire vivre une étrange aventure… Avec cet album très méditatif (il comporte extrêmement peu de dialogues), l'auteur suisse trouve une nouvelle fois le ton juste, nous permettant de nous imprégner de cette contrée méconnue par petites touches impressionnistes. Il parvient également à nous faire sentir l'omniprésence de la junte et la façon dont les Birmans s'organisent pour tenter d'y résister, en choisissant comme souvent la manière douce, qui se révèle au final terriblement efficace. Olivier Maltret
Album cartonné 46 pages couleur disponible
Des bits qui se font bulles
Qu'ils s'y soient frottés sur Apple II, Genesis ou SNES, les fans de la première heure de Prince of Persia, un jeu vidéo culte de la fin des années 80, sacré " Meilleur jeu de tous les temps ", risquent d'être désarçonnés ! Leur héros pixellisé ne bondit plus de terrasses en colonnes et ne brandit plus son sabre quand il tombe sur le " boss " de fin de niveau. Et la linéarité du jeu de plateformes a complètement disparu quand il a été porté en BD, au profit d'un récit aussi dense que tortueux. De l'aveu même de Jordan Mechner, le créateur de la saga ludique, le scénario d'A.B. Sina " nous offre non pas un mais plusieurs princes ". En effet, deux récits - qui se déroulent à quatre siècles d'intervalle - se chevauchent : dans l'un, on assiste à la fuite du prince Guiv, abandonné par sa jumelle et menacé par son frère ; dans l'autre, on suit la rencontre de la petite princesse Shirin avec Ferdos, dont on ignore s'il est le descendant ou le fantôme de Guiv. Finalement, passé et présent se font écho lorsqu'il s'agit de quête du pouvoir. Un temps d'adaptation est nécessaire pour apprécier les deux tomes, les transitions d'un récit à l'autre exigeant un petit effort intellectuel. Reste un agréable conte oriental (parfois un peu gore, toutefois), aux personnages consistants et à l'intrigue envoûtante. Cerise sur le gâteau, une postface de Mechner très éclairante sur le mythe et les aléas de son adaptation. Et avis aux amateurs : un nouveau volet du jeu et une adaptation cinématographique sont également en travaux. Olivier Mimran
Albums cartonnés 2 x 100 pages couleur disponibles
Autopsie d'une secte
Superbe créature, Anglaise jusqu'aux bout des ongles, Ava Dream est une avocate envoyée dans la région de Bordeaux pour régler une succession. Tout se complique pour notre ambitieuse jeune femme lorsqu'elle découvre que Mélanie, la principale héritière, est entre les mains d'une redoutable secte bien décidée à s'emparer de sa fortune. Ne voulant pas laisser passer la promotion que lui laisse espérer cette affaire, Ava infiltre ce milieu où entrer est facile, partir bien plus compliqué, surtout en compagnie de sa future riche cliente. Entre les gorilles de la secte Obédia, ses dirigeants pas vraiment tendres, et Crystal Thorpe, l'ancien bénéficiaire de l'héritage, notre héroïne ne va pas manquer de travail. Erik Arnoux propose un diptyque passionnant aux rebondissements multiples, sans oublier la petite note d'humour indispensable. Alain Queireix, nouveau venu dans le monde de la BD, découvert dans les deux derniers épisodes de Celadon Run [Glénat], illustre avec un réalisme remarquable ce thriller palpitant dont les deux volumes sont disponibles. HF
Albums cartonnés 48 pages couleur disponibles
Père et fils
Jolan, fils aîné de Thorgal, est sur le point de participer à l'épreuve organisée par le mystérieux Manthor à laquelle participent cinq jeunes guerriers sélectionnés eux aussi et bien décidés à en découdre. Le maître de la magie rouge invite les compétiteurs à franchir la porte entre les mondes afin de gagner Asgard, le territoire des dieux, où ils auront trois jours pour voler le bouclier de Thor. Le gagnant sera l'Élu recherché, seul capable de succéder à Manthor. Pendant que son fils risque sa vie, Thorgal part à la recherche du petit Aniel, enlevé par des cavaliers faisant partie des Magiciens rouges. Bien que le récit manque parfois de dynamisme, peutêtre à cause d'un texte trop bavard, Yves Sente signe un second scénario aux multiples rebondissements qui ne devrait pas décevoir les fidèles de la série. Ayant désormais adopté la technique de la peinture à l'huile, Rosinski offre à ses lecteurs émerveillés des images riches en matière, succession de petits tableaux recelant mille petits détails. Le travail des deux auteurs permet à la saga de poursuivre sa route sans gros problèmes en l'absence de Jean Van Hamme qui a eu la sagesse de ne pas mettre fin à la vie de ses personnages. Henri Filippini
C'est dur, l'éternité qui dure
Qui n'a pas rêvé un jour d'être immortel ? Mais si le rêve n'était en fin de compte qu'un terrible cauchemar… Abel Weiss fait cette terrible découverte alors qu'il pensait en avoir fini avec la vie. Il était un homme riche mais aussi la parfaite incarnation de l'adage selon lequel l'argent ne fait pas le bonheur. L'accident de voiture qui aurait dû lui être fatal marque un nouveau début : contre toute attente, Abel se réveille sept ans plus tard et tout a changé. À ce stade du pitch, vous vous imaginez peut-être que les auteurs nous resservent un remake d'Hibernatus. Détrompez-vous, c'est du thriller et du bon ! Certaines personnes très mal intentionnées sont prêtes à tout pour lui extorquer le secret de l'immortalité. Mais comment révéler un secret que l'on ignore soi-même ? Et si le concept d'immortalité est loin d'être novateur, la manière de le mettre en scène l'est beaucoup plus. Scénariste du Troisième Testament, Xavier Dorison confirme son savoir-faire. Au dessin, Richard Marazano révèle une maîtrise de plus en plus assurée. Après avoir signé (entre autres) Zéro absolu chez Soleil et Le Bataillon des lâches chez Carabas, il s'inscrit dans la grande lignée des dessinateurs de récits d'aventures au trait efficace. Mêlant aspect vintage et facture moderne, le résultat peut surprendre. Une mention spéciale pour la mise en images de l'architecture de Chicago et les nombreuses références art déco qui, loin d'être superflues, servent le récit. Patrick Weber
Album cartonné 56 pages couleur disponible